‹ Theatre complet de F. PonsardChapitre 292 sur 337 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

Je voudrais enlaidir du jour au lendemain ,

Pour éloigner de moi ceux qui cherchent ma main.

Malheureuse ! voilà ma toile terminée.

Comment retarderai-je encor cethyménce?

— Il manque un dernier point. — Déjà prise trois fois,

Mon aiguille s'arrête et tombe de mes doigts.

Maudit soit l'ouvrier qui te fit si solide!

Que ne t'es-tu brisée, aiguille trop rapide!

Et toi, voile fatal, tout mouillé de mes pleurs,

Que n'ont-ils en tombant dévoré tes couleurs!

LE ciicœuR '.

La jeune fille tout émue Sent battre son cœur sous sa maiu, Son cœur que doucement remue L'approche du premier hymen.

Pensive, et la tète indinée Sur son coude nonchalamment , Elle songe aux chants d'hyménée Qui la troul)Ient on la charmant.

Elle voit la bruyante escorte Qui l'accompagne jusqu'au seuil, Oîi l'époux glorieux l'emporte Rouge et confuse, avec orgueil.

Chose mystérieuse et n?uve, L'hymen aux vierges parait doux ; — Mais il est triste , qnand la veuve Prend à regret un autre époitx.

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