‹ Theatre complet de F. PonsardChapitre 295 sur 337 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

ULYSSE

Oui, reine, c'était lui.

PÉNÉLOPE

Vous l'avez eu chez vous ?

ULYSSE

Je fus son hôte.

PÉNÉLOPE

0 Dieux 1 — Approchez; que je puisse Serrer aussi la main que serra mon Ulysse.

Elle lui prend la main , en pleurant.

0 souvenir, mêlé de peine et de douceur !

ULYSSE, à part.

Grands Dieux ! que je voudrais l'attirer sur mon cœur!

A rénéUipe, en retirant sa main.

Reine, laissez ma main trop rude pour les vôtres.

PÉNÉLOPE

Toute rude qu'elle est, je !a préfère à d'autres.

— Parlez d'Ulysse encor.

ULYSSE

Vos pleurs vont retloubler.

.l'aime que ce soit lui qui les fasse couler.

— Vous i)ailait-il de moi quelquefois"?

ULYSSE

Uli ! sans cosse.

50 ULYSSE

Il avait pour épouse une belle princesse; Il l'aimait tendrement; parti contre son gré, Il regrettait beaucoup d'en être séparé.

PÉNÉLOPE

Puis encor?

ULVSSE.

Elle était au?;si sage que belle ; Il n'appréhendait pas qu'elle fût infidèle ; Et ce qui redoublait encore son amour, Il en avait un (ils aussi beau que le jour.

PÉNÉLOPE

Ah ! cher Ulysse ! — Aux Dieux tu demandais en grâce

(Ju'il te naquît un fils héritier de ta race :

Tu l'as vu naître ; hélas' tu ne devais plus voir

Ce flls tant désiré, ce fils, ton doux espoir.

Elle embrasse TéU'maquc . et se rassied.

— Et puis, que disait-il?

ULYSSE

Je n'en ai plus mémoire , Mais toujours l'entretien était à votre gloire.

PÉNÉLOPE

Vous no m'abusez pas par des discours railleurs? Pourquoi tromperiez-vous la pauvre veuve en pleurs?

ULYSSE

Non, certes.

PÉNÉLOPE

Je vais voir, mainlenani que j'y songe,

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