LES BARONS
Un légat !
LE MOINE, s"avançaiit vers Philippe.
Roi , vous avez péché par un double attentat.
Il vous a plu d'abord de choisir Ingelberge ;
Vous avez à l'autel conduit la jeune vierge ;
Vous avez devant Dieu fait serment , à genoux ,
De la prendre pour femme et garder avec vous ;
Et cependant , trois mois s'étaient passés à peine ,
Vous ne la traitiez plus en épouse ni reine;
Et de brusques dégoiits , injustement conçus ,
Effaçaient vos serments , que le ciel a reçus.
Vous avez, alléguant un prétexte sans force ,
Au secours du parjure ajipelé le divorce ;
Et , chose déplorable à dire ! il s'est trouvé
Des prélats complaisants qui vous ont approuvé !
— Sire , ce ([ue Dieu joint ne doit plus se dissoudre.
Le divorce est impie, et rieu ne peut l'absoudre.
Vous fûtes criminel , quand vous avez baimi
Celle à qui pour jamais vous vous étiez uni ,
Et votre hymen nouveau , Sire , est un nouN eau crime
Qui , par la fausse épouse , exclut la légitime.
En vain vous vous couvrez d'un arrêt du clergé ;
L'arrêt n'existe pas. — Rome n'a jias jugé.
I>UlLIi>l>E.
Rome n'a pas jugé ! Pouniuoi donc son silence