‹ Theatre complet de F. PonsardChapitre 83 sur 337 · ACTE 11. m · texte numérisé non relu

ACTE 11. m

— Au moins si je tombais sur le champ de bataille, Contre un chef militaire, un guerrier à ma taille ! Non ! — je suis châtié , tel qu'un enfant boudeur, Par l'ignoble cordon d'un moine ambassadeur !

— Ah ! si l'on m'en croyait, quelle belle ambassade ■l'cMiverrais , à mon tour, au pape en sa bourgade ! Bienheureux Henri-Deux ! par un prêtre outragé , Par ([uatre chevaliers tu t'en es vu vengé ;

Et moi , qui suis atteint d'une plus grave offense , .le n'ai pas un ami qui prenne ma défense !

GL ILJ.au ME.

.le m'offrirais pour vous , Sire , au fer suspendu , Kt ferais mon devoir, car mon sang vous est dû ; El parce qu'à cette heuie un blâme vous menace, Ouandji! m'exposerais. Sire, à votre disgrâce , .le [)arlerai, croyant que c'est devoir [)areil De vous donner ma vie, et donner mon conseil.

— De vos propres débats avec la cour de Home L'État, qui n'en peut mais, est la victime ensonnne. Les coups que l'on vous porte , et ceux que vous portez Tombent sur vos sujets, frappés des deux côtés ;

Le pa[)e les châtie , atin de vous atteindre ,

El vous les châtiez, quant ils osent se plaindre;

Vous augmentez l'impôt ; vous tiercez les l)ourgeois ,

El ju.squ'aux chevaliers, exempts de pareils droits.

Entre le pape el vous , pressée et pourchassée ,

Allant de l'un à l'autre , et partout relancée ,

La nation succombe , et ne peut même pas

Vers le ciel, (ju'on lui ferme, étendre au moins les bras.

— Prenez-y garde, Sire 1 II no se peut (lu'on tienne

En si long interdit la France très-chrétienne.

La France veut son culte , et , s'il n'est rétabli ,

Le trône répondra de l'autel al)oli.

Songez que vos barons ne vous doivent l'hommage

Qu'autant que leur salut n'en souffre aucun dommage ;

Et que, s'ils sont placés entre vous et leur foi ,

Ils sont à leur Dieu , Sire , avant d'être à leur roi.

— Sire , ayant entrepris une lutte impossible,

Il est beau de céder plus que d'être inflexible.

Enfin , quand vous avez à choisir, Monseigneur,

Ou du bonheur public ou de votre bonheur,

S'il faut sacrifier un intérêt àVautre ,

Ce n'est pas l'intérêt du peui)le , — c'est le vôtre.

1>H ILIPPK.

Qu'est-ce à dire?

G UI LLAUME.

Je dois mon avis, le voilà :

Quittez madame Agnès, ^lonseigneur, quittez-la.

Par tous les saints !... Allez! c'est une ignominie ! Allez-vous-en !

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