‹ Théâtre complet de G. E. Lessing (volume 2)Chapitre 119 sur 138 · SCÈNE VI BATTISTA, MARINELLI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI BATTISTA, MARINELLI

battista (avec précipitation). La mère, monsieur le chambellan...

maeinelli. Je m'y attendais... Où est-elle?

battista. Si vous n'allez pas au devant d'elle, elle sera ici dans un clin d'œil. Je n'avais pas la moindre velléité d'aller la chercher, comme vous me l'aviez or-

donné pour la forme, lorsque j'entendis de loin ses cris. Elle est sur les traces de sa fille, et, pourvu qu'elle ne soit pas sur les traces de toute notre opération. Tout ce qu'il y a d'hommes dans cette contrée solitaire, elle les a réunis autour d'elle, et chacun d'eux s'empresse à l'envi de lui montrer le chemin. Je ne sais pas si on lui aura déjà dit que le prince est ici et que vous y .êtes aussi. Que voulez-vous faire?

3IAEINELLI. Il faut réfléchir... (Il réfléchie.) Ne pas la laisser entrer; si elle sait que sa fille est ici, cela ne se peut. Quels yeux elle fera, sans doute, quand elle verra le loup près de la tendre brebis î . . . Quels yeux ! .. . Passe encore. .. Mais que le ciel préserve nos oreilles !.. . Après tout, du reste, les poumons les plus vigoureux s'échauffent, voire même des poumons de femme. Quand elles sont à bout d'haleine, elles cessent toutes de crier. D'ailleurs il est important que nous mettions la mère de notre côté. Si je connais bien les mères, presque toutes seraient flattées de l'idée de devenir quelque chose comme la belle-mère d'un prince... Laisse-la venir, Battista, laisse-la venir.

battista. L'entendez-vous? L'entendez-vous?

Claudia (clans V intérieur). Emilia! Emilia ! Mon enfant, où es-tu?

maeinelli. Ta, Battista, et occupe-toi d'écarter les curieux qui l'accompagnent.

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