‹ Théâtre complet de G. E. Lessing (volume 2)Chapitre 123 sur 138 · SCENE' II · texte numérisé non relu

SCENE' II

BATTISTA, le prince, MARINELLI

battista {entrant rapidement). La comtesse arrive en ce moment.

le prince. La comtesse? Quelle comtesse?

battista. Orsina.

le prince. Orsina?... Marinelli!... Orsina V... Marinelli!...

marinelli. J'en suis aussi stupéfait que vous-même.

le prince. Va, cours, Battista; il ne faut pas qu'elle descende de voiture. Je n'y suis pas. Je n'y suis pas pour elle. Qu'elle s'en retourne sur-le-champ. "Va, cours. (Battista sort.) Que veut la coquine? Quelle audace? Comment sait-elle que nous sommes ici ? Viendrait-elle en espion? Aurait-elle déjà peut-être appris quelque chose?... Ah! Marinelli! Parlez, répondez. Ai-je offensé l'homme qui se dit mon ami? L'ai-je offensé dans cette misérable discussion? Faut -il lui demander pardon ?

marinelli. Ah ! mon prince, quand vous redevenez vous-même, je redeviens vôtre de toute mon âme. L'arrivée de l'Orsina est pour moi comme pour vous une énigme. Elle sera difficile à éconduire. Que résolvez-vous ?

le prince. Je ne la recevrai pas, je vais m'éloigner...

marinelli. Faites vite seulement. Je la recevrai...

le prince. Mais rien que pour la congédier. . . Ne vous laissez pas entraîner trop loin avec elle. Nous avons ici d'autres choses à faire...

marinelli. Non pas, prince ! J'ai pourvu à tout. Reprenez donc courage ! Ce qui manque encore viendra à son heure. Mais je crois déjà l'entendre. Hâtez-vous, prince... Là... si vous voulez, vous pourrez nous entendre. (Il lui montre un cabinet; le prince s'y rend.) — Je

crains, je crains qu'elle n'ait mal choisi son temps pour une promenade en voiture.

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