SCENE VII
1 La salle de l'auberge
Sir W. SAMPSON, WAITWELL
sie yilliam. Quel baume. Waitwell, ton récit a fait couler dans mon cœur ulcéré ! Je renais à la vie, et son retour prochain me semble me ramener aussi loin du côté de ma jeunesse, que sa fuite m'avait poussé du côté de la tombe. Elle m'aime encore! Que veux-je de plus?... Tu vas retourner auprès d'elle, TVaitwell. Je ne puis attendre le moment de la serrer de nouveau dans ces bras, que j'avais si ardemment tendus en suppliant, vers la mort. Combien je la désirais aux heures de mon chagrin, et combien je la redouterais à cette heure de bonheur retrouvé ! Un vieillard est à blâmer sans doute de se retenir si fermement aux liens qui l'attachent encore au monde. La séparation dernière en devient plus douloureuse... Pourtant le Dieu qui. pour moi, se montre si favorable en ce moment, m'aidera aussi à la supporter. Pourrait-il m'avoir accordé une faveur, et me l'avoir accordée pour ma perte dernière ? Pourrait-il me rendre une fille, pour me faire murmurer contre lui lorsqu'il voudra me retirer de cette vie ? Non, non ; il me la rend pour qu'elle puisse veiller sur mon dernier souffle. Merci à toi, bonté éternelle ! Qu'il est faible, le merci d'une bouche mortelle! Mais bientôt, bientôt, dans l'éternité sainte, je pourrai le remercier plus dignement.
wajtwell. Quelle joie pour mon cœur, sir, de vous voir avant ma fin revenu à la joie! Mais croyez-moi, j'ai presque autant souffert de votre douleur que vousmême. Presque autant; non autant : car la douleur d'un père, dans de telles conjonctures, est inexprimable.
sm WILLIA3I. Ne te considère plus désormais, mon
bon Waitwell, comme mon serviteur. Tu as depuis longtemps mérité que je te fasse une vieillesse plus convenable. Je veux te la donner : et tu seras aussi heureux que je puis encore l'être en ce monde. Je veux supprimer toutes les différences entre nous : dans l'autre monde, le sais-tu bien, elles le seraient d'ailleurs... Mais, pour cette seule fois encore, sois le vieux serviteur, auquel je ne me suis jamais en vain confié. Va et fais attention de me rapporter sa réponse, aussitôt qu'elle sera prête.
waitwell. J'y vais, sir. Mais cette démarche, ce n'est pas un service que je vous rends. C'est une récompense que vous m'accordez pour mes services. Oui, certes, c'en est une. {Ils s'éloignent de différents côtés.)
FIN DU TROISIÈME ACTE