‹ Théâtre complet de G. E. Lessing (volume 2)Chapitre 83 sur 138 · SCÈNE VIII SARA, MARWOOD · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII SARA, MARWOOD

maewood (à part). Bon vent !

saea. Mon bon Mellefont fait souvent ses politesses d'un ton complètement faux. Ne le trouvez-vous pas aussi, milady?

maewood. Je suis sans doute déjà trop accoutumée à ses façons pour avoir remarqué cela.

saea. Ne voulez-vous pas vous asseoir?

maewood. Si vous l'ordonnez, miss... (A part, en s* asseyant.) Il ne faut pas laisser passer cet instant sans le mettre à profit.

saea. Dites-moi, milady, ne serai -je pas la plus heureuse de toutes les femmes avec mon Mellefont?

maewood. Si Mellefont .sait reconnaître son bonheur, miss Sara en fera l'homme le plus digne d'envie. Mais...

saea. Un mais, milady, est une réticence...

maewood. Je suis franche, miss...

saea. Vous n'en êtes que plus estimable...

maewood. Franche... et assez souvent jusqu'à l'irréflexion. Mon mais en est là preuve. C'est un mais très irréfléchi !

saea. Je ne crois pas que, par cette palliation, milady veuille m'inquiéter encore davantage. C'est une compassion volontairement cruelle, que de ne laisser que soupçonner un mal qu'un pourrait montrer.

maewood. Non pas, miss; vous faites beaucoup trop de cas de mon mais. Mellefont est mon parent...

iù'.

sarà. La moindre objection que vous faites contre lui n'en a que plus d'importance.

marwood. Mais quand même Mellefont serait mon frère, il faudrait pourtant que je vous dise, sans hésitation, que je prendrais contre lui le parti d'une personne de mon sexe, si je remarquais qu'il n'en agît pas assez honnêtement avec elle. Nous autres femmes, il est juste que nous considérions comme une injure et une affaire communes à tout notre sexe, toute injure reçue par l'une d'entre nous, et la mère et la sœur même du coupable devraient ne pas hésiter à la considérer comme leur.

saea. Cette remarque?...

maewood. C'a été déjà ma règle de conduite dans plus d'un cas douteux.

saea. Et cela m'annonce... je tremble...

maewood. Non, miss, si cela vous fait trembler, parlons d'autre chose...

saea. Cruelle lady!

maewood. Cela me peine que vous me méconnaissiez. Moi, du moins, si je me mettais, en pensée, à la place de miss Sampson, je regarderais comme un bienfait tout renseignement plus précis, qu'on me voudrait donner sur celui avec qui mon sort serait sur le point d'être hé pour toujours.

saea. Que voulez- vous, milady? Est-ce que je ne connais pas déjà mon Mellefont? Croyez-moi, je le connais aussi bien que je me connais moi-même! Je sais qu'il m'aime...

maetvood. Et qu'il en aime d'autres...

saea. Qu'il en a aimé d'autres, cela, je le sais an^si. Pouvait-il m' aimer avant de savoir si j'existais? Puis-je prétendre être la seule qui ait eu assez de charmes pour lui? Ne dois-je même pas m'avouer que j'ai fait mon possible pour lui plaire? N'est-il pas assez aimable pour avoir fait faire de même à plus d'une ? Et n'est-il pas naturel que plus d'une ces coquetteries aient réussi ?

aiAjRWOQD. Vous le défendez avec la même chaleur et

presque avec les mômes arguments que j'ai déjà souvent fait moi-même. Ce n'est pas un crime d'avoir aimé; encore moins en est-ce un d'avoir été aimé. Mais l'inconstance est un crime.

saea. Pas toujours; car souvent, à ce que je crois, l'objet de l'amour est l'excuse de l'inconstance, parce qu'il mérite rarement d'être aimé toujours.

maewood. Il paraît que la morale de miss Sampson n'est pas des plus sévères.

saea. Il est vrai que ma règle de jugement envers ceux qui avouent eux-mêmes leurs égarements, n'est pas des plus sévères, et ne doit pas l'être non plus. Car il ne s'agit pas ici de déterminer les limites que la vertu fixe à l'amour, mais seulement, si l'amour a franchi ces limites, de pardonner à la faiblesse humaine. Si, par exemple, un Mellefont aime une Marwood, puis la quitte : cet abandon est quelque chose de louable en comparaison de cet amour. Ce serait un malheur qu'il lui fallût, pour avoir aimé un temps cette débauchée, l'aimer toujours.

maewood. Mais, miss, connaissez-vous donc cette Marwood, que vous nommez si énergiquement une débauchée?

saea. Je la connais, d'après ce que Mellefont m'en a dit.

maewood. Mellefont ? Ne vous est-il donc jamais venu à l'esprit que Mellefont, dans sa propre cause, ne peut être un excellent témoin ?

saea. Je commence à croire, milady, que vous voulez me mettre à l'épreuve. Mellefont sourirait, si vous lui redisiez combien j'ai sérieusement pris son parti.

maewood. Pardon, miss ; Mellefont ne doit rien apprendre de cette conversation. Vous êtes trop généreuse pour vouloir, pour la remercier d'un avertissement bien intentionné, brouiller avec lui une parente qui ne parle ainsi, que parce qu'elle considère sa conduite à l'encontre d'une des personnes les plus aimables de notre sexe, comme si elle en eût été elle-même victime.

saea. Je ne veux brouiller personne, milacly, et je souhaiterais que d'autres le voulussent aussi peu.

maewood Me permettez-vous de vous raconter en peu de mots l'histoire de Marwood?

saea. Je ne sais trop... Pourtant, oui, milady, à la condition seulement que vous interromprez votre récit à l'arrivée de Mellefont. Il pourrait penser que c'est de mon propre mouvement que je vous l'ai demandé ; et je n'aimerais pas à ce qu'il pût m'attribuer des sentiments si peu délicats à son égard.

maewood. J'allais demander à miss Sampson la même prudence, si elle ne m'avait prévenue. Il ne doit même en rien soupçonner que Marwood ait été le sujet de notre entretien ; et vous serez assez prudente pour en tirer, dans le silence le plus absolu, une règle de conduite pour vous... Écoutez maintenant!... Marwood est d'une bonne famille. C'était une jeune veuve, dont Mellefont fit la connaissance chez une de ses parentes. On dit qu'il ne lui manquait ni la beauté, ni ces grâces qui vivifient la beauté. Sa réputation était sans tache. Il ne lui manquait qu'une seule chose : la fortune. Tout ce qu'elle avait possédé, — et c'avait été une fortune considérable, — elle l'avait sacrifié pour le salut d'un homme, à qui elle croyait ne pouvoir rien préférer en ce monde, au point qu'elle en arriva à lui offrir son cœur et sa main.

saea. Voilà vraiment un noble trait, milady, que je voudrais voir briller dans un meilleur cadre.

maewood. Malgré son manque de fortune, elle était recherchée par des personnes qui ne désiraient rien plus ardemment que de faire son bonheur. Parmi ces riches et nobles prétendants se présenta Mellefont. Ses propositions furent sincères, furent sérieuses, et l'abondance dans laquelle il promettait de mettre Marwood , était le moindre de ses arguments. Dès la première entrevue, il avait déclaré qu'il ne saurait agir avec égoïsme, surtout à l'égard d'une femme, pleine des plus tendres sentiments, qui aurait préféré vivre dans une chaumière avec une personne aimée, que

MISS SARA SAMPSON <m

dans un palais avec une personne qu'elle n'aimAt point.

sara. Encore un trait que je ne concède pas à Marwood. Ne flattez pas davantage le portrait, milady, ou il faudrait peut-être que je finisse par la plaindre.

marwood. Mellefont était précisément dans l'intention de s'unir à elle par les liens les plus solennels, quand il apprit la nouvelle de la mort d'un cousin qui lui léguait toute sa fortune, à la condition d'épouser une parente éloignée. Marwood avait, à cause de lui, renoncé à de plus riches mariages, et cependant elle ne voulut point lui céder en générosité. Il voulait ne lui rien dire de cet héritage, avant de s'en être dépouillé pour elle... N'est-ce pas, miss, que c'était grandement pensé ?

sara. Oh! Milady, qui sait mieux que moi que Mellefond possède le cœur le plus noble?

marwood. Mais que fit Marwood ? Elle apprit, par dessous main, un soir, très tard, à quoi Mellefont s'était résolu à cause d'elle. Mellefont vint le lendemain matin la voir, et Marwood était partie.

sara. Où? et pourquoi?

marwood. Il ne trouva qu'une lettre d'elle, où elle lui déclarait qu'il ne devait plus compter la revoir jamais. Elle ne lui cachait pas qu'elle Faimait; mais elle ajoutait que c'était précisément à cause de cet amour qu'elle ne pouvait consentir à devenir la cause d'une action dont il finirait nécessairement par se repentir. Elle lui rendait sa parole, et le conjurait d'entrer, sans hésitation, par l'accomplissement de la clause testamentaire, en possession d'une fortune qu'un homme d'honneur doit employer à quelque chose de plus important qu'à en faire le sacrifice irréfléchi à une femme.

sara. Mais, milady, pourquoi prêtez-vous à la Marwood des sentiments si purs? Ce sont des sentiments dont est capable lady Solraes, mais non une Marwood. Certes, non.

marwood. Il n'y a rien d'étonnant, miss, que vous

z prévenue contre elle... La résolution de Marwood mit Mellefont hors de sens. Il envoya de tous côtés à sa recherche, et finit par la retrouver.

sara. Parce que, sans doute, elle se laissa retrouver.

marwood. Pas d'amers commentaires, miss ! ils ne siéent pas à une femme dont la manière de penser est d'ailleurs si douce... Il la retrouva, dis-je, et la retrouva sans qu'elle eût rien fait pour cela. Elle ne voulut point accepter sa main, et tout ce qu'il put obtenir d'elle, ce fut qu'elle lui promît de retourner à Londres. Ils convinrent de retarder leur mariage, assez longtemps pour que la parente, lassée de ces longs délais, fût charmée de proposer un arrangement. Pendant ce temps, Marwood ne pouvait se défendre des visites journalières de Mellefont qui, longtemps, ne furent que les visites respectueuses d'un amoureux qu'on a fait reculer jusqu'aux limites de l'amitié. Mais comment eût-il pu se faire qu'un tempérament ardent ne franchît pas ces étroites limites! Mellefont possède tout ce qui rend un homme dangereux. Personne n'en peut être plus convaincu que miss Sampson elle-même.

sara. Ah!

marwood. Vous soupirez ? Marwood aussi a soupiré plus d'une fois de sa faiblesse, et elle en soupire encore.

sara. Assez, milady, assez. Cette remarque est, je pense, plus qu'un amer commentaire qu'il vous a plu de m'adresser.

marwood. Je n'ai point dit cela dans l'intention de vous blesser, mais dans le but de vous montrer la malheureuse Marwood sous son véritable jour, afin que vous puissiez la juger de la manière la plus intègre... Donc, l'amour donna à Mellefont les droits d'un époux, et, ces droits, Mellefont cessa de considérer comme nécessaire de les consacrer légalement. Combien Marwood eût été heureuse, qu'elle, Mellefont et le Ciel connussent seuls sa honte ! Combien elle eût été heureuse qu'une fille infortunée ne vint pas révéler à tous ce qu'elle eût souhaité de se cacher à elle-même !

sara. Que dites- vous, milady?... Une fille...

marwood. Oui, miss, une malheureuse fille, à qui l'intervention de miss Sara Sampson enlève tout espoir de jamais pouvoir nommer sans honte ses parents.

sara. Horrible nouvelle ! Et Mellefont me l'a caché?... Dois-je y ajouter foi, milady ?

marwood. Croyez qu'il y a bien d'autres choses ensore que Mellefont vous a cachées.

sara. D'autres choses ? Que pourrait-il encore m'avoir caché de plus ?

marwood. Ceci : qu'il aime encore Marwood.

sara. Vous me tuez, milady.

marwood. Il serait inouï qu'un amour qui a duré plus de dix ans, pût s'anéantir si vite. Il peut souffrir un court obscurcissement, mais ce ne peut être qu'un 20urt obscurcissement, d'où il sortira de nouveau avec an plus vif éclat. Je pourrais vous citer miss Oclaf, aiiss Dorcas, miss Morr et d'autres encore qui, l'une après l'autre, menaçaient de détacher de Marwood un tiomme par lequel elles finissaient par se voir très 3ruellement abandonnées. Il y a un certain point au ielà duquel il ne se laisse point emporter, et aussitôt }u'il reçoit certain trait en pleine figure, il s'enfuit. Mais supposez, miss, que vous seule, vous soyez assez îeureuse pour l'amener à l'accomplissement d'une cérémonie sacrée ; supposez que vous l'ameniez à surmon- :er son aversion, passée à l'état de seconde nature, îontre un joug formel, croyez-vous que par là vous seriez sûre de son cœur?

sara. Malheureuse queje suis, que me faut-il entendre?

marwood. Pas le moins du monde! Au premier jour 1 se hâterait de revoler dans le bras de celle qui ne s'est pas montrée si jalouse de sa liberté. Vous seriez son épouse de nom et elle le serait de fait.

sara. Ne me torturez pas plus longtemps par de si effrayantes images ! Conseillez-moi. Vous devez le conîaître, vous devez savoir par quel moyen il est peut-être Dossible encore de lui rendre doux, un lien sans lequel 'amour, même le plus sincère, n'est qu'une passion coupable.

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marwood. Que Ton puisse rendre un oiseau captif, cela, miss, je le conçois. Mais que l'on puisse lui rendre sa cage plus agréable que la liberté des champs, je ne le sache pas. Mon conseil serait donc de préférer ne pas l'enchaîner et de vous épargner le chagrin d'avoir perdu votre peine. Contentez-vous, miss, du plaisir de l'avoir vu tout près d'être dans vos liens ; et, puisque vous pouvez prévoir que sans aucun doute il brisera ces liens, si vous l'y prenez tout à fait, épargnez -les lui, ne l'y prenez pas.

saea. Je ne sais si je comprends cette railleuse comparaison, milady...

marwood. Si elle vous irrite, c'est que vous l'avez comprise... En un mot, votre propre intérêt aussi bien, que l'intérêt d'une autre, la prudence aussi bien que la justice font une loi et un devoir à miss Sara Sampson de ne point prétendre à un homme, sur lequel Marwood a des droits plus anciens et plus forts. Faites en sorte, miss, de pouvoir rompre avec lui, je ne dis pas avec beaucoup d'honneur, mais toutefois sans honte publique. Une courte disparition avec un amant est, il est vrai, une tache; mais une tache que le temps efface. Au bout de quelques années, tout sera oublié, et il se trouvera toujours pour une riche héritière des gens qui n'y regarderont pas de si près. Si Marwood se trouvait dans les mêmes circonstances, et qu'elle n'eût besoin, ni d'un époux pour ses charmes qui passent, ni d'un père pour sa fille sans soutien, je suis sûre que Marwood, pour agir généreusement envers miss Sampson, ferait moins d'injurieuses difficultés que miss Sampson n'en fait pour agir généreusement envers Marwood.

sara (se levant avec indignation). Cela va trop loin. Est-ce là le langage d'une parente de Mellefont? — Comme on vous trahit indignement, Mellefont! — Ah! je commence à comprendre, milady, pourquoi il avait tant de peine à vous laisser seule avec moi. Il savait déjà combien votre langue est à craindre. C'est une langue venimeuse !... Je parle sans détours ! Car milady

MISS SARA SAMPSON m

a assez longtemps parlé avec inconvenance. En quoi Marwood a-t-elle pu se créer un tel défenseur, qui met en œuvre toutes ses forces vitales pour fabriquer un roman éblouissant sur cette Marwood, et emploie toutes les ruses possibles pour me faire suspecter l'honneur d'un homme, qui est un homme, mais non un monstre? Serait-il un monstre, parce que Marwood se vante d'avoir de lui une fille ; en serait-il un, parce qu'on me fait entendre de la plus sentimentale façon qu'il a trompé telle ou telle miss ; et ferais-je bien de me sacrifier à une tarée coquine ?

marwood. Moins d'emportement, jeune femme! Une tarée coquine?... Vous vous servez vraisemblablement là d'expressions, à l'énergie desquelles vous n'avez pas réfléchi.

saea. Ne paraît-elle pas n'être que cela, d'après le portrait même de lady Solmes? Bien, milady; vous êtes son amie, peut-être son amie la plus intime. Ce n'est pas un reproche que je vous adresse ; car il n'est guère possible en ce monde de n'avoir que des amis hautement vertueux. Mais comment se fait-il que votre amitié pour elle vous porte à me mettre si bas? Si j'avais eu l'expérience de Marwood, je n'aurais pas à coup sûr fait ce faux pas qui me place dans un si avilissant parallèle avec elle. Mais si pourtant je l'avais fait, au moins ne l'aurais-je pas prolongé pendant dix années... C'est tout autre chose de se laisser aller au vice par ignorance, ou d'avoir conscience de son action vicieuse, et, malgré cela, de s'y endurcir... Ah! milady, si vous saviez que de repentir, que de remords, que d'angoisses m'a coûtés, mon erreur! Mon erreur, dis-je; car, pourquoi continuerais-je à me montrer assez cruelle pour moi, pour y voir un forfait? Le Ciel même cesse de la considérer ainsi ; il détourne de moi le châtiment, et me rend un père... Vous m'effrayez, milady; les traits de votre physionomie s'altèrent tout d'un coup. Vous rougissez ; la fureur anime vos yeux, et l'émotion contracte vos lèvres... Ah! si je vous ai irritée, milady, je vous en demande pardon. Je suis une sotte suscep- T. I, 20

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tible; ce que vous disiez, était sans doute moins méchant dans votre pensée. Oubliez mon emportement. Comment vous puis-je adoucir? Comment puis-je me créer en vous une amie, telle que Marwood en a trouvé une en vous? Laissez-moi vous demander à genoux... {elle s'agenouille) votre amitié, milady , et, si je ne puis l'obtenir, vous demander au moins d'être assez juste pour ne point mettre sur la même ligne Marwood et moi.

marwood {reculant fièrement de quelques pas, et laissant Sara à genoux). Cette position de miss Sara Sarnpson a trop de charmes pour Marwood, pour qu'elle se contente de s'en réjouir sans se faire connaître... Reconnaissez en moi, miss, cette Marwood, avec laquelle vous me demandez de ne pas être comparée, cette Marwood que vous suppliez à genoux.

sara {bondissant pleine de terreur et reculant toute tremblante). Vous Marwood?... Ah! maintenant je vous reconnais, vous, la meurtrière libératrice, dont un rêve avant-coureur m'a fait prévoir les coups. C'est vous ! Fuis, malheureuse Sara! Sauvez-moi, Mellefont ; sauvez votre bien-aimée! Et toi, douce voix de mon père, retentis !... Où retentit-elle? Par où dois-je voler à elle?... Par ici?... Par là?... A Faide, Mellefont! A l'aide, Betty!... La voilà qui s'élance sur moi; sa main va me frapper ! A l'aide ! {Elle s'enfuit?)

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