‹ Théâtre complet de G. E. LessingChapitre 17 sur 114 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

Les précédents, LISETTE

Lisette. Réjouissez-vous, ma chère mademoiselle! Monsieur votre honorable fiancé, monsieur le capitaine de Schlag sera près de vous dans un clin d'œil. Il est déjà, avec tous ses agréments, sur l'escalier. Le bonhomme se traîne jusqu'ici à quatre : sa jambe de bois, son uniforme en guenilles, sa moustache guerrière, attestent très clairement que c'est un héros qui s'est beaucoup sacrifié pour la patrie. Oh ! que vous êtes digne d'envie ! Dans le fait, ce n'est pas pour rien que vous aurez attendu. On ne perd rien pour attendre.

ohldinn. Es-tu folle? C'est quelque mendiant : renvoie-le.

lisette. Non, non. D'après votre signalement, c'est bien cela.

ceeusel. Comment pouvez-vous vous rebuter à l'extérieur? Vous me preniez, moi, pour un tailleur. Et je vous répéterai l'adage : « Chez certains hommes, le fond vaut mieux que l'apparence. »

lisette. Il soupire déjà de tout son cœur après vous, et il jure à faire crouler la maison, si l'on ne va pas à sa rencontre.

ohldinn. Et ce doit être monsieur le capitaine?

lisette. Oui, oui. Le voilà lui-même en corps et en âme.

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