THÉOPHANE, ADRASTE
adeaste. J'en suis honteux, Théophane ; mais je n'aurais pas cru que vous iriez aussi loin et que vous me commettriez avec mon domestique... Egrenez ce qu'on a voulu vous dérober...
théophane. Elle est dans les mains où elle doit être.
adeaste. Non, je vous méprise beaucoup trop pour vous croire capable d'une si basse action.
théophane. Ceci est subtil! (Il prend la lettre de eh. ange.)
adeaste. Je suis content que vous ne m'ayez pas forcé à la jeter devant vos pieds. Pour qu'elle revienne entre mes mains, je trouverai un moyen plus convenable. Mais si je n'en trouve pas, c'est tout un. Réjouissez-vous de m'exécuter à outrance et je me réjouirai, moi, de pouvoir vous haïr de tout cœur.
théophane. Est-ce là en réalité votre lettre de change, Adraste? (Il la déplie et la lui montre.)
adeaste. Vous croyez peut-être que je vais la renier?...
théophane. Je ne le crois pas; seulement, je veux être sûr que c'est elle. (// la déchire arec indifférence.)
adeaste. Que faites- vous, Théophane?
théophane. Rien. (77 jette les morceaux sur la scène.) J'anéantis un chiffon qui peut inspirer à un homme tel qu'Aclraste des paroles si peu dignes de lui.
adeaste. Mais elle ne vous appartenait pas...
théophane. N'ayez aucun souci : je fais ce dont je puis répondre... Vos soupçons subsistent-ils encore? (Il sort.)