‹ Théâtre complet de J.-B. Poquelin de MolièreChapitre 138 sur 189 · ACTE I, SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE III

Sont brillans et parez comme au jour d'une feste.

Ils surprennent la veuë, et nos prez au printemps,

Avec toutes leurs fleurs, sont bien moins éclatans.

Pour le prince, entre tous sans peine on le remarque,

Et d'une stade loin il sent son grand monarque;

Dans toute sa personne il a je ne sçay quoy

Qui d'abord fait juger que c'est un maître roy.

Il le fait d'une grâce à nulle autre seconde.

Et cela, sans mentir, luy sied le mieux du monde.

On ne croiroit jamais comme de toutes parts

Toute sa cour s'empresse à chercher ses regards :

Ce sont autour de luy confusions plaisantes,

Et l'on diroit d'un tas de mouches reluisantes

Qui suivent en tous lieux un doux rayon de miel.

Enfin l'on ne voit rien de si beau sous le ciel,

Et la feste de Pan, parmy nous si chérie,

Auprès de ce spectacle est une gueuserie.

Mais, puis que sur le fier vous vous tenez si bien,

Je garde ma nouvelle, et ne veux dire rien.

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