‹ Théâtre complet de J.-B. Poquelin de MolièreChapitre 14 sur 189 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

SGANARELLE, MESSIEURS TOMÉS, DES FONANDRÉS, MACROTON et BAHYS.

Sganarelle.

Messieurs, l'oppression de ma fille augmente, je vous prie de me dire viste ce que vous avez résolu.

M. Tomes.

Allons, Monsieur.

M. Des Fonandrés.

Non, Monsieur, parlez, s'il vous plaist.

M. Tomes.

Vous vous mocquez.

M. Des Fonandrés.

Je ne parlerai pas le premier.

M. ToMÉs.

Monsieur!

M. Des Fonandrés.

Monsieur !

Hé! de grâce. Messieurs, laissez toutes ces cérémonies, et songez que les choses pressent.

M. Tomes. [Ils parlent tous quatre ensemble.) La maladie de vostre fille...

M. Des Fonandrés.

L'avis de tous ces messieurs tous ensemble...

M. Macroton Après avoir bien consulté...

M. Bahys.

Pour raisonner...

Sganarelle.

Hé! Messieurs, parlez l'un après l'autre, de grâce !

M. Tomes.

Monsieur, nous avons raisonné sur la maladie de vostre fille, et mon avis, à moy, est que cela procède d'une grande chaleur de sang : ainsi je conclus à la saigner le plustost que vous pourrez. M. Des Fonandrés.

Et moy, je dis que sa maladie est une pourriture d'humeurs causée par une trop grande repletion : ainsi je conclus à luy donner de l'hemetique.

M. TOMÉS.

Je soustiens que l'hemetique la tuera.

M. Des Fonandrés.

Et moy, que la saignée la fera mourir.

M. ToMÉs.

C'est bien à vous de faire l'habile homme !

M. Des Fonandrés.

Oûy, c'est à moy, et je vous presteray le colet en tout genre d'érudition.

M. ToMÉs.

Souvenez -vous de l'homme que vous fistes crever ces jours passez.

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