ACTE II, SCENE V. aSç
Myrtil, O père le meilleur qui jamais ait esté, Que je baise vos mains après tant de bonté !
Lycarsis.
Ah ! que pour ses enfans un père a de foiblesse! Peut-on rien refuser à leurs mots de tendresse, Et ne se sent-on pas certains mouvemens doux Quand on vient à songer que cela sort de vous?
Myrtil.
Me tiendrez-vous au moins la parole avancée ? Ne changerez-vous point, dites-moy, de pensée?
Lycarsis.
Non.
Me permettez-vous de vous désobéir Si de ces sentimens on vous fait revenir? Prononcez le mot.
Lycarsis.
Oûy. Ha ! nature, nature !
Je m'en vais trouver Mopse, et luy faire ouverture De l'amour que sa nièce et toy vous vous portez.
Myrtil.
Ah ! que ne dois-je point à vos rares bontez ! Quelle heureuse nouvelle à dire à Melicertel Je n'accepterois pas une couronne offerte, Pour le plaisir que j'ay de courir luy porter Ce merveilleux succez qui la doit contenter.
200 MELICERTE.