‹ Théâtre complet de J.-B. Poquelin de MolièreChapitre 160 sur 189 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

ADRASTE ET DEUX Lacq^uais, HALI.

Adraste.

Est-ce toy, Hali ?

Hall

Et qui pourroit-ce estre que moy, à ces heures de nuit? Hors vous et moy, Monsieur, je ne croy pas que personne s'avise de courir maintenant les rues.

Adraste.

Aussi ne croy-je pas qu'on puisse voir personne qui sente dans son cœur la peine que je sens : car enfin ce n'est rien d'avoir à combatre l'indiference ou les rigueurs d'une beauté qu'on aime; on a toujours au moins le plaisir de la plainte et la liberté des soupirs. Mais ne pouvoir trouver aucune occasion de parler à ce qu'on adore, ne pouvoir sçavoir d'une belle si l'amour qu'inspirent ses yeux est pour luy plaire ou luy déplaire, c'est la plus fâcheuse, à mon gré, de toutes les inquiétudes, et c'est où me réduit l'incommode jaloux

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