‹ Théâtre complet de J.-B. Poquelin de MolièreChapitre 97 sur 189 · ACTE I, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE V

Allons, morbleu ! il ne faut point engendrer de mélancolie-

Valere.

Le voila luy-mesme.

Lucas.

Je pense que vous dites viay, et que j'avons bouté le nez dessus.

Voyons de prés.

Sganarelle, les appercevant, les regarde en se tournant vers l'un et puis vers Vautre, et, abaissant sa voix, dit :

Ah! ma petite friponne, que je t'ayme, mon petit bouchon ! Mon sort...feroit... bien des jaloux si... Que diable ! à qui en veulent ces gens-là ? Valere.

C'est luy asseurément.

Lucas.

Le vêla tout craché comme on nous l'a deffiguré.

Sganarelle, à part.

(Ici il pose sa bouteille à terre, et, Valere se baissant pour le saluer, comme il croid que c'est à dessein de la prendre, il la met de Vautre costé ; ensuite dequoy, Lucas faisant la mesme chose, il la reprend et la tient contre son estomach, avec divers gestes qui font un grand jeu de théâtre. ) Ils consultent en me regardant ; quel dessein auroient-ils ?

Valere.

Monsieur, n'est-ce pas vous qui vous appeliez Sganarelle ?

Sganarelle.

Hé! quoy?

Valere.

Je vous demande si ce n'est pas vous qui se nomme Sganarelle ?

Sganarelle, se tournant vers Valere^ puis vers Lucas.

Oûy et non, selon ce que vous luy voulez.

Nous ne voulons que luy faire toutes les civilitez que nous pourrons.

Sganarelle.

En ce cas, c'est moy qui se nomme Sganarelle.

Valere.

Monsieur, nous sommes ravis de vous voir. On nous a addressez à vous pour ce que nous cherchons, et nous venons implorer vostre ayde, dont nous avons besoin.

Sganarelle.

Si c'est quelque chose, Messieurs, qui dépende de mon petit négoce, je suis tout prest à vous rendre service.

Valere.

Monsieur, c'est trop de grâce que vous nous faites ; mais, Monsieur, couvrez-vous, s'il vous plaist, le soleil pourroit vous incommoder. Lucas.

Monsieu, boutez dessus.

Sganarelle, bas.

Voicy des gens bien pleins de cérémonie.

Valere.

Monsieur, il ne faut pas trouver estrange que

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