‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 135 sur 716 · ACTE V, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE V

Où sont ces deux amants? Pour couronner ma joie. Dans leur sang , dans le mien , il faut que je me noie ; L'on et l'autre en mourant je les veux regarder : . '. Réunissons trois cœurs qui n*ont pu s'accorder. Mais quéDe épaisse nuit tout à coup m'enYironne? De quel côté sortir? D'où Tient que je frissonne? Qu^e horreur me saisit! Grâce au ciel , j'entrevoi... Dieux ! quels ruisseaux de sang coulent autour de moi !

PTLADE.

Ah seigneur! '

ORESTB.

Quoi 1 Pyrrhus , je te rencontre encore ! TrouTorai-je partout un riTiû que j'abhorre? Percé de tant de coups, comment t'es-tu sauYé? Tiens , tiens » ToilÀ le coup que je t'ai réservé, \

Mais que vois-je ? A mes yeux Hennione l'embrasse ! \ EBe Tient l'arracher au coup qui le menace ! \

Dieux ! quels affreux regards elle jette sur moi 1 . /^ Quels démons , quels serpents tratne-t-elle après soi ! Eh bien I filles d'enfer , tos mains sont^Ues prêtes? Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur tos tètes? A qui destinez-Tous l'appareil qui tous suit? Venez-Tons m'enteTer dans l'éterndle nuit? Venez, à tos fureurs Oreste s'abandonne. Mais non , retirez-Tons, laissez foire Hermione : L'ingrate mieux que tous saura me déchirer ; Et je lui porte enfin mon coeur à dévorer.

PYLÂDE.

Il |)erd le sentiment. Amis , le temps nous presse ; Ménageons les moments que ce transport nous laisse. SauTons-le. Nos efforts dcTiendraient impuissants S'il reprenait m sa rage aTec ses sens.

If.; ^ .\

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