ACTE I, SCÈNE n
De fournir la maison de chaiid<dle et de foin : Mais je n'y perdais rien. Enfin , vaOle que vaille , J'aurais sur le marché fort bien fourni la paille. C'est dommage : il avait le cœur trop au métier ; Toas les jours le premier aux plaids , et le dernier ; £t bien souvent tout seul , si Ton l'eût voulu croire , 11 8*y serait couché sans manger et sans boire. Je loi disais parfois : Monsieur Perrin Dandin , Toat franc , vous vous levez tous les jours trop matin. Qui veut voyager loin ménage sa monture ; Buvez, mangez, dormez, et faisons feu qui dure. \\ n'en a tenu compte. Il a si bien veillé Et si bien fait , qu'on dit que son timbre est brouillé. Il ikous veut tous juger les uns après les autres, n marmotte toujours certaines patenôtres Où je ne comprôids rien. Il veut, bon gré, mal gré » Me se coucher qu'en robe et qu'en bonnet carré. 11 fit couper la tête à son coq , de colère , Pour l'avoir éveillé plus tard qu'à l'ordinaire; Il disait qu'un plaideur dont Taffaire allait mal Avait graissé la patte à ce pauvre animal. Depuis ce bel arrêt , le pauvre homme a beau faire , Son fils ne souffre plus qu'on lui parie d'aftaire. 11 nous le fait garder jour et nuit , et de près : Autrement , serviteur, et mon homme est aux plaids. Pour s'échapper de nous, Dieu sait s'il est alègre. Pour moi , je ne dors plus : aussi je deviens maigre , C'est pitié. Je m'étends, et ne fais que bâiller. Mais, veille qui voudra, voici mon oreiller. Ma foi ! pour cette nuit il faut que je m'en donne. Pour dormir dans la me on n'offense personne. Dormons-
(II sa couche par terie.)