ACTE m , SCÈNE lll
PETIT JEAK.
Nous en ayons pourtant , et qui sont sans re|>ro(ii<\
DANDIN
Failes-les donc venir.
PETIT JEAN
Je les ai dans ma poche.
Tenez, Toilà la tète et les pieds da chapon ; Voyez-les , et jugez.
L'iNTIOSé.
Je les récuse.
OANDIN.
Bon!
Pourquoi les récuser?
L*INTIMé.
Monsieur, ils sont du Maine.
DANDIN
11 est Trai que du Mans il en vient par douzaine.
l'intimé.
Messieurs...
DANDIN
Sere2>vous long, avocat? dites-moi.
l'iniimé.
Je ne réponds de rien.
BAMDIN.
Il est de bonne foi.
L*lNT7Mé, d*an Ion finissant en faiisscf. Messieurs, tout ce qui peut étonner un coupable , Tout ce que les mortels ont de plus redoutable , Semble s'être assemblé contre nous par hasard , Je veux dire la bfigue et l'éloquence. Car, D'on côté, le crédit du défunt m'épouvante ; VA, de l'autre c6té, l'éloquence éclatante De maître Petit Jean m'éblouit.
DANDIN
Avocat , ï>e votre ton vous-même adoucissez l'éclat.
l'intimé.
(d^UQtOD ordinaire. ) (du beau ton.)
Oui-dà, j'en ai plusieurs. Mais , quelque dj^fianœ Que nous doive donner la susdite éloquence l^^t lesusdit crédit; ce néanmoins, messîeurr,
L'ukcre de vos bontés nous rassure. D'ailleurs. Devant le grand Dandin rinnocenceest hardie ; Oui , devant ce Caton de liasse Normandie , Ce soleil d*équ!té qui n'est Jamais terni :
VlCIRIX CAUSA DlIS PLACDIT, SBD VIGTA CaTONI. ■^ DAMDIN.
Vraiment , il plaide biea.
li'lNTlMÉ.
Sans craindre aucune cliose.
Je prends donc la parole » et je viens à ma cause. Aristote, PRIMO PERI PoLrricoN, Dit fort bien...
DANDIN
Avocat, il s'agit d'un chapon , El non point d'Aristote et de sa Politique.
l'intoié.
Oui , mais Tautorité du péripatétiqne Prouverait qae le bien et le mal...
DANDIN
Je pr<éteiMls Qu'Aristote n'a point d'autorité céans.
Au fait.
l'intimé.
Pausanîas, en ses Corinthiaqiies...
DANDIN
Au fait.
l'intimé.
RebufTe...
DANDIN
Au fait, vous dis-je.
L'iNTUfé.
Le grand Jacques.
DANDIN
Ail Tait, au fait, au fait.
l'intimé.
Hannenopttl, in Prompt....
DANDIN
Oh I je te vais juger.
l'intimé.
Oh ! vous êtes si prompt I Yoid te fait. (tUc.) Un chien vient dans une cuisine ,
ACT£ UI, SCÈ74K lU. 905
II y troave un cha|ion , leqad a bonne mine. Or cdol pour lequd je parte est affomé , Celui contre lequel je parle autkm plumé ; Et celui pour lequel je suis prend en cachette Cdui contre leqnel je parle. L'on décrète ; On le prend. Avocat pour et contre appelé > Jour pris. Je dois parler, je parle; j'ai parlé.
DàllDUf.
Ta y ta , ta y ta. Yoilà bien instruire une affaire ! Il dit fort posément ce dont on n'a que faire , Et court le grand galop quand il est à son fait.
l'intihÏ.
Mais le premier, monsieur, c'est le beau.
DANDIN
C'est le laid.
\-i-on jamais plaidé d'une telle méthode? Mais qu'en dit l'assemblée?
LÉàRDRE.
Il est fort à la mode.
l'intimé, d*ttD toQ Tébémeot. ,
Qu'arrîTe-t-il , messieurs? On Tient. Comment Tient•on^
On poursuit ma partie. On force une maison.
Qudle maison? nudson de notre propre juge.
On brise le celiier qui nous sert de refuge.
De Yol , de brigandage on nous déclare auteurs.
On nous traîne , on nous livre à nos accusateurs ,
A maître Petit Jean , messieurs. Je vous atteste :
Qui ne sait que la loi , Si quis canis , Digeste
I>£ VI , paragraphe , messieurs... caponibos ,
Est manifestement contraire à cet abus?
Et quand il serait vrai que Citron ma partie
Aurait mangé, messieurs , le tout , ou bien partie
Dudit cluq)on : qu'on mette en compensation
Ce queiious avons Cait avant cette action.
QiMÔid ma partie a-t-eUe été réprimandée?
^ qui votre maison a-t-elle été gardée ?
Quand avons-nous manqué d'aboyor au larron ? .
TénM>ins trois procureurs , dont icdui Citron
A déchiré la robe. On en verra les pièces.
Pour nous justifier voulei-vons d'autres pièces?
106 LKS PLAIDEURS.
PETIT iE4N.
Maître Adam...
L*INTIMé.