‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 206 sur 716 · NÉRON, AGRIPPINE · texte numérisé non relu

NÉRON, AGRIPPINE

AGRIPPUŒ, «^asseyant. -

Approchez-YOtts , Néron , et prenez votre place. On vent sor vos soupçons que je toos satisfasse. J'ignore de quel crime on a pn me noircirV" De tous ceux que j'ai faits je vais tous édaircir.

Vous régnez : tous savez combien votre naissance Entre l'empire et vous avait mis de distance. Les droits de mes aïeux , que Rome a consacrés , Étaient même sans moi d'inutiles d^rés.

Quand de Britannicns la mère condamnée Laissa de Claudius disputer Thy menée , Parmi tant de beautés qui briguèrent son choix , Qui de ses affranchis mendièrentlês voix , Je souhaitai son lit, dans la seule pensée De vous laisser au trône où je serais placée. Je fléchis mon orgueil; j'allai prier Pallas. Son maître , chaque jour caressé dans mes bras , Prit ûisensiblement dans les yeux de sa nièce L'amour où je voulais amener sa tendresse. Mais ce lien du sang qui nous joignait tous deux Écartait Claudius d'un lit incestueux :

Il n'osait épouser la fille de son frère. Le sénat fut séduit : une loi moins sévère Mit Claude dans mon lit, et Rome à mes genoux. C'était beaucoup pour moi : ce n'était rien poyr vous*

Je vous fis sur mes pas entrer dans sa famille; Je vous nommai son gendre , et vous donnai sa fille : Silanus , qui l'aimait , s'en vit abandonné , Et marqua de son sang ce jour infortuné. Ce n'était rien encore. Eussiea^vous pu {irétendre Qu'un jour Claude à son fils dût préÂSrer son gendre? De ce môme Pallas j'implorai le secours : . Claude vous adopta, vaincu par ses discours , Vous appela Néron , et du pouvoir suprême Voulut avant le temps vous faire part lui-même. C'est alors que chacun , rappelant le passé , Découvrit mon dessein déjà trop avancé;

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