ACTE iV, SCÈNE IV. M
et» si je m'en croyais, œ kriomphe ndiscret Serait bientôt suiTi d'un étemel regret. Mais de tout ronirers quel sera le langage? Sur les pas des tyrans veux-ta qne je m'engage , Et que Rome , el&çant tant de titres d'iionneur» Me laisse pour tons noms celai d'empoisonneur? ' Us mettront ma vengeance an rang des parricides.
NARCISSE
Et prenez-Tous, seigneur, leurs caprices pour guides P
Avez-Yons prétendu qu'ils se tairaient toujours.'
Est-ce à TOUS de prêter l'oreille à leurs discours ?
De Yos propres désirs perdrez- vous la mémoire?
Et serez-Tous le seul qne vous n'oserez croire ?
Maïs 9 seigneur, les Romains ne vous sont pas connur. ;
Non , non : dans leurs discours ils sont plus retenus.
Tant de précaution affaiblît votre règne :
Us croiront, en effet, mériter qu'on les eraigno.
Au joug , depuis longtemps , ils se sont façonnés ;
ils adorent la main qui les tient enchaînés.
Vous les verrez toujours ardents à vous complaire :
Leur prompte servitude a £iitigué Tibère.
Moi-même , revêtu d'un pouvoir emprunté
Que je reçus de Claude avec la liberté ,
J'ai cent fois , dans le cours de ma gloire passée ^
Tenté leur patience , et ne l'ai point lassée.
D'un empoisonnement vous craignez la noirceur?
Faites périr le frère , abandonnez la soeur :
Rome sur les autels prodiguant les victimes ,
Fussent-ils innocents , leur trouvera des crimes ;
Vous verrez mettre au rang des jours infortunés
Ceux oii jadis la sœur et le frère sont nés>
Narcisse , encore un coup , je ne puis Kentrepremlr(\
J*ai promis à Burrhus , il a fallu me rendre.
Je ne veux point encore , en lui manquant de foi ,
Donner à sa vertu des armes contre moi.
J'oppose à ses raisons un courage inutile ;
Je ne l'écoute point avec un cœur tranquille.
NARCISSE
Burrhus ne pense pas, seigneur, tout c^ qu'il dit : ^00 (idroite vertu ménage son crédit.
Ou plut6t ils n'ont tous qu'une même pensée ;
Ils verraient par ce coup ieur puissance abaissée :
Vous seriez libre alors , seigneur ; et , devant vous ,
Ces maîtres orgueilleux fléchiraient comme nous.
Quoi donc I ignorez-vous tout ce qu'ils osent dire ?
• Néron , s'ils eu sont crus , n'est point né pour l'empire.
« Il ne dit , il ne fait que ce qu'on lui prescrit :
« Burrhus conduit son cœur, Sénèque son esprit.
« Pour toute ambition , pour vartu singulière ,
« Il excelle à conduire un char dans la carrière;
« A disputer des prix indignes de ses mains ;
•> A se donner lui-même en spectacle aux Romains ;
« A venir prodiguer sa voix sur un thé&tre ;
« A réciter des chants qu'il veut qu'on idolâtre ;
« Tandis que des soldats , de moments en moments»
N Vont arracher pour lui les applaudissements. »
Ah I ne voulez-vous pas les forcer à se taire.'
NÉRON
Viens , Narcisse : allons voir ce que nous devons faire.