‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 219 sur 716 · AGRIPPINE, BURRHUS · texte numérisé non relu

AGRIPPINE, BURRHUS

AGRIPPINE

Quel attentat, Burrhus!

BDRRUUS.

Je n'y pourrai survivn? , Madame ; il faut quitter la cour et Tempereur.

AGRIPPINE

Quoi ! du sang de son frère U n*a point eu dMiorreur!

BURRnuS.

Ce dessein s'est conduit avec plus de mystère. A peine l'empereur a tu venir son frère , Il se lève , il l'embrasse , on se tait ; et soudain César prend le premier une coupe à la main : « Pour achever ce jour sous de meilleurs auspices , « Ma main de cette coupe épanche les prémices , « Dit-il ; dieux , que j'appelle à cette effusion , •• Venez favoriser notre réunion. »

Par les mêmes serments Britannicus se lie. I^a coupe dans ses mains par Narcisse est remplie : Mais ses lèvres à peine en ont touché les bords , Le fer ne produit point de si puissants efforts ; madame , la lumière à .>es yeux est ravie , M tombe sur son lit sans chaleur et sans vie. Jugez combien ce coup frappe tous les esprits : La moitié s'épouvante , et sort avec des cris ; Mais ceux qui de la eour ont un plus long uj^gc Sur les yeux de César composent leur visage. Cependant sur son lit il demmire penché ,

ÎCO BRITANNICUS.

D'aucun étoimenieDt il ne paraît touché : « Ce mal dont tous craignez , dit-il , la violence « A souvent sans péril attaqué son enfance. » Nardsse veut en vain aÏÏecter quelque ennui , Et sa perfide joie éclate malgré lui.

Pour moi, dût Tempcreur punir ma hardiesse, D*une odieuse cour j'ai traversé la presse ; Et j'allais , accablé de cet assassinat , Pleurer Britannicus, César, et tout TÉtat.

AGRIPPINE

Le voici. Vous verrez si c'est moi qui l'inspire.

Page 1