‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 237 sur 716 · ACTE II , SCÈKK I · texte numérisé non relu

ACTE II , SCÈKK I

Tilus riraime ; il peut tout ; it n'a plus qu*h parler , Il verra le sénat m*apporter ses hommages , Et le peuple de fleurs couronner ses images.

0e cette nuit, Pbénice , as-tu yu la splendeur!* Tes yeux ne sont-ils pas tout pleins de sa grandeur? Ces flambeaux , ce tâcher , cette nuit enflanunée , Ces aiglÀ , ces faisceaux , ce peuple , cette armée , Cette foule de rois, ces consuls , ce sénat , Qui tous de mon amant empruntaient leur éclat; Cette pourpre , cet or , que rehaussait sa gloire , Kt ces lauriers encor témoins de sa victoire; Tous ces yeux qu'on voyait venir de toutes parts Confondre sur lui seul leurs avides regards ; Ce port majestueux , cette douce présence- Ciel I avec quel respect et quelle complaisance Tous les cœurs en secret l'assuraient de leur foi ! Parie : peut-on le voir sans penser , comme moi , Qu'en quelque obscurité que le sort l'eût fait naître. Le monde en le voyant eût reconnu son maître?

Mais, Phénice, où m'emporte un souvenir charmant? Cependant Rome entière , esï ce même moment', Fait des vœux pour Titus , et , par des sacrifices^ De son règne naissant célèbre les prémice's. Que tardons-nous? allons pour son empire heureux Au ciel qui le protège offrir aussi nos vœux. Aussitôt , sans l'attendre , et sans être attendue , Je reviens le cherclier, et dans cette entrevue Dire tout ce qu'aux cœurs Tun de l'autre contents Inspirent des transports retenus si longtemps.

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