‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 282 sur 716 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

BAJAZET, ROXANË.

BOXAIfB.

ire fatale est enfin arrivée berté le ciel a réserrée.

'etient plus ; et je puis dès ce jour dessdn qu'a formé mon amour, us assurant d'un triomphe facile , re vos mains un empire trauquille; e je puis , je vous l'avais promis :

I valeur contre vos ennemis, 08 jours un péril manifeste ; seigneur, aclièvera le reste, 'armée; ellcpeuche pour vous;

•iy.

3U UAJAZLT.

Les ciiefs de notre loi conspirent avec nous;

Le vizir Acooiat vous répond de ^yzance ;

£t uioi , TOUS le savez , je tiens sous ma puissance

Cette fouie de chefs , d'esclaves , de muets ,

Peuple que dans ses murs renferme ce palais ,

£t dont à ma Êiveur les âmes asservies

M'ont vendu dès longtemps leur silence et leurs vies.

Crommencez maintenant : e'est à tous de courir

Dans le champ glorieux que j'ai su tous ouvrir.

Vous n'entreprenez point une injuste carrière ,

Vous repoussez', seigneur, une main meurtrière :

L'exemple en est commun; et, parmi les sultans,

Ce chemin à l'empire a conduit de tout temps.

Mais, pour mieux commencer, hàtons-nous l'un et FsHtre

D'assurer à la fois mon bonheur et le vôtre.

Montrez à l'univers, en m'attachant à vous.

Que , quand je vous servais, je servais mon époux ;

Et, par le nœud sacré d'un heureux hyménée.

Justifiez la foi que je vous ai donnée.

BAJAZBT.

Ah ! que proposez-vous , madame?

ROXANE

lié quoi, seijjiieurl Qiàd obstacle secret trouble notre bonheur?

Madame , ignorez-vous que l'orgueil de l'empire... Que ne m'épargnez-vous la douleur de le dire?

ROXAKE.

Oui , je sais que , depuis qu'un de vos empereurs , Bajazet, d'un barbare éprouvant les fureurs, Vit au char du vainqueur son épcmse enchaînée. Et par toute l'Asie à sa suite traînée , De l'honneur ottoman ses successeurs jaloux Ont daigné rarement prendre le nom d'époux. Mais l'amour ne suit point ces lois ùnaginaircs; Et, sans TOUS rapporter des exemples vulgaires, Soliman (tous saTez qu'entre tous vos aïeux , Dont l'uniTers a craint le bras victorieux , Nul n'éleva si haut la grandeur ottouianc), Ce Soliuian jeta les yeux sur Roxelane. Malgré tout son orgiiei!, rc monarque si fitr

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ône , à son lit daigna Tassocier ;

elle e(tt d'autres étoits au rang d'impératrice

;u d'attraits peut-être , et beaucoup d'artifice.

BiJAZET.

li. Mais aussi voyez ce que je puis ,

lit SoUmau, et le peu que je suis.

jouissait d'uue pleine puissance :

! ramenée à son obéissance ;

des Ottomans ce redoutable écucit ,

ses défensem« devenu le cercueO ;

be assenri les rives désolées ;

ire persan les bornes reculées ;

-s climats brûlants les Africains domptés ,

taire les lots devant ses volontés.

je? J'attends tout du peuple et de l'armée :

eurs font eucor toute ma renommée.

, proscrit, incertain de régner,

riter les cceurs, au lieu de les gagner?

le nos plaisirs , plaindront-ils nos misères ?

Is mes périls et vos larmes ^cères?

ins me ilattèr du sort de Soliman ,

*e tout récent du malbeureux Osman.

rébellion les chefs des janissaires ,

à colorer leurs desseins sanguinaires , à sa perte assez autorisés

hymeu que vous me proposez, ilrai-je enfin? Maître de leur suffrage , lYec le temps j'oserai davantage :

ons rien ; et daignez commencer re en état de vous récompenser.

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