‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 285 sur 716 · BAJAZET, ACOMAT · texte numérisé non relu

BAJAZET, ACOMAT

ACOMAT

Seigneur , qu'ai-Je entendu? Quelle surprise exlrèmc t Qu*aUez-TOus deTenir? quedeviens-je moi-même? D'où naît ce chaiigement? qui dois-je en accuser? Oh ciel I

Il ne faut point i<à vous abuser.

Roxane est offensée, et court à la vengeance : Un obstacle étemel rompt notre intelligence. Vizir , songez à vous , je tous en averti ; Et , sans compter sur moi , prenez votre pari».

ACOHAT.

Quoi!

Vous et vos amis, cherchez quelque retraite. Je sais dans quels périls mon amitié vous jette ; Et j'espérais un jour vous mieux récompenser. Mats , c'en est fait , vous dis-je , il n'y faut plus pewaer.

ACOHAT.

Et quel est donc , seigneur , cet obstacle mvincible? Tantôt dans le sérail j'ai laissé tout paisible : 4jiielle fureur saisit votre esprit et le sien ?

Elle veut, Acomat, que je l'épouse.

ACOMAT

Eh bien !

L'usage des sultans à ses vœux est contraire ; Mais cet usage eufm , est-ce une loi sévère , Qu'aux dépens de vos jours vous deviez observer ? La plus samte des lois , ah ! c'est de vous sauver, Et d'arracher, seigneur, d'une mort manifeste Le sang des Ottomans, dont vous faites le reste.

Ce reste malheureux serait trop acheté.

S'il faut le conserver par une lâcheté.

ACOUAT.

Et pourquoi vous en faire une image si noire .'

Page 1