‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 305 sur 716 · Z4TI1IB · texte numérisé non relu

Z4TI1IB

Ail madame!

EOXAMB.

Quoi donc ?

ZATUIE.

Si y sans trop vous déplaire , Dans les justes transports , madame , où je vous vots» J'osais TOUS fiiire entendre une timide voix : Bajazet y il est vrai, trop indigne de vivre , Aux mains de ces cruels mérite qu'on le livre; Mais , tout ingrat qu'U est , croyez-vous aujourd'hiû Qu'Amurat ne soit pas plus à craindre que lui ? Et qui sait si déjà quelque bouche infidèle Ne l'a point averti de votre amour nouvelle? lies cœurs comme le sien , vous le savez assez , Ne se regsgnent plus quand ils sont offensés ; Et la plus prompte mort , dans ce moment sévère , Devient de leur amour lajnarque la plus chère.

ROXAKE.

Avec quelle insolence et quelle cruauté Ils se jouaient tous deux de ma crédulité ! Quel penchant, quel plaisir je sentais à les croire! Tu ne remportais pas une grande victoire , Perfide» en abusant ce cœur préoccupé.

Qui lui-liiêaie craignait de se vdr détrompé ! Moi qui , de ce haut rang qui me rendait si iière , Dans le sein du malheur f ai cherché la première Pour attacher des jours tranquilles , fortunés , Aux périls dont tes jours étaient environnés ; Après tant de bonté , de soin , d'ardeurs extrêmes. Ta ne saurais jamais prononcer que tu m'aimes! Mais dans quel souvenir me laissé-je égarer ? Tn plairps, malheureuse! Ah! tu devais pleurer Lorsque , d'an vain désir a ta perte poussée ,

Ta conçus de le roir la première pensée.

Tu pleara! et ringrat , Umt prfit à te trahir,

Pré|iare les disooors dont il Teut t'ébloair ;

Pour plaire à ta rirale, il prend soin de sa Tie.

Ah traître! tn mourras!... Quoi ! tu n'es point partiel

Va. Hais nous-même allons , précipitons nos pas :

Qull me voie , atlentiTe ao soin de son trépas ,

Lui montrer à la fois» et Tordre de son frère,

Kt de sa trahison ce gage trop sincère.

Toi , Zatime» retiens ma rivale en ces lieax.

Qa*il n*ait , en expirant , que ces cris pour adieux .

Qu'elle soit cependant (Ûèlement servie ;

Prends soin d'elle : ma haine abesoin de sa vie.

Ali! si y pour son amant fodie à ^attendrir,

La peur de son trépas la fit presque mourir.

Quel surcroît de vengeance et de douceur nouvelle

De le montrer bientôt pflle et mort devant elle ;

De voir sur cet objet ses regards arrêtés

Me itaycr les plaisirs que je leur ai prêtés !

Va, retiens-la. Surtout gaide bien le sOenoe.

Moi... Mais qui vient ici diflérer ma vengeance?

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