SCÈNE V
PHARNACE , XIPHARÈS, PHARNACe , à part.
Mitbridate revient ! Ah fortune crodie ! Ma Tîe et mon amour tous deux courent hasard. Les Romains que j'attends arriveront trop tard : Comment faire? (à Xipharcs.)
J'entends que votre cœur soupire , Et j'ai conçu l'adieu qu'elle vient de vous dire , Prince : mais ce discours demande un autre temps ; Nous avons aujourd'hui des soins plus importante. Mithridate revient , peut-être inexorable : Plus il est-malheureux , plus il est redoutable ; Le péril est pressant phis que vous ne penser Nœs sommes criminds ; et vous le connaissez : Rarement l'amitié désarme sa colère ; Ses propres (ils n*ont point de juge pins sévère ;
KACIX»:. ^n
W8 MITHRIDAT*
Et nous l'avous vu m^e à ses cruels sou|)!çoqs
Sacrifier deux fils pour de moindres raisons.
Craignons pour tous , pour moi , pour la reine eUe-méiM;
Je la plains d'autant plus que Mithridate l'aime :
Amant avec transport , mais jaloux sans retour,
Sa haine va toujours plus loin que son amour.
Ne vous assurez point sur raHM>ur qu'il vous porte :
Sa jalouse fureur n'en sera que ]^U6 forte.
Songez-y. Vous avez la faveur des soldats ,
£t j'aurai des secours quç je n'explique pas.
M'en croirez-vous? courons assurer notre grâce :
Rendons-nous , vous et moi , maîtres de cette place;
Et faisons qu'à ses fils il ne puisse dicter
Que les conditions quils voudront accepter.
XIPII\RËS.
Je sais qud est mon crime , et je connais mon père; Et j'ai par-dessus vous le crime de ma mère : Mais , quelque amour encor qui me pût éblouir, Quand mon père parait je ne sais qu'obéir.
PHARNACE
Soyons-nous donc au moins fidèles l'on à l'autre : Vous savez mon secret; j'ai pénétré le vôtre. Le roi , toujours fertile en dangereux détours , S'armera contre nous de nos moinA^es discours : \oiis savez sa coutume, et sous quelles tendresses Sa haine sait cacher ses trompeuses adresses. Allons ; puisqu'il le faut , je marche sur vos pas : Mais en obéissant ne nous trahissons pas.