‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 346 sur 716 · ACTE m, SCÈIfE V · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈIfE V

Un fils Yîetorieux , qui me chérit , que j*aime , L'ennemi des Romains , Fhéritier et fappui lUun empire et d'an nom qai ra renaître en lui ; Et , quoi que votre amour ait osé se promettre , Ce n'est qu'entre ses mains qne je puis tous remettre.

Que dites-Toos ? Oh del I pourriez-Yous approuver...

Pourquoi, seigneur, pourquoi Touleï-vous m'éproiiver?

Cessez de tourmenter une âme infortunée :

Je sais que c'eàt à tous que je fas destinée ;

Je sais qu'en ce moment , pour ce nœud solennel ,

La victime, seigneur, nous attend à l'autel.

Venez. '

MITHRroATE.

Je le vois hien : quelque effort que je fasse , Madame , vous voulest vous garder à Phamace. Je reconnais toujours vos injustes mépris ; Ils ont même passé sur mon malheureux fils.

MOIUMB.

Jelennéprise!

MrrHRmATB.

Eh bien, n'en parlons plus, madame :

Continuez ; brûlez d'une honteuse flanarae. Tandis qu'avec mon fils je vais , loin de vos yeux , Chercher au bout du monde un trépas g^rieux , Vous cependant Id servez avec son frère ^ Et vendez aux Romains le sang de votre père. Venez : je ne saurais mieux punir vos dédains. Qu'en vous mettant moi-méÂie en ses servîtes ukùjis; Et , sans plus mechaiger du soin de votre gloire , Je veux laisser de vous jusqu'à voire mémoire. Allons , madame, allons. Je m'en vais vous unir.

MONIIIE.

Plutôt de mille morts dussiez-vous me punir !

MITBRmATB.

Vous résistez en vain , et j'entends votre fiiit«.

HONUIB.

En quelle extrémité, seigneur, suis-je réduite! Mais enfin je vous crms , et je ne puis peuser Qu'à feindre si longtemps vous puissiez vous (orcer. Les dieux me sont témoins qu'à vous plaire bornée»

490 MITHRIDATE

Mou àme à tout son sort s'était abandonnée.

Mais si quelque faiblesse avait pu m'alarmer,

Si de tous ses efforts mou cœur a dû s*armer,

Ne croyex point , seigoeuTy qu'auteur de mes alarn. e ,

Phamace m'ait jamais coûté les moindres larmes ,

Ce fils yictorieox que tous faYorisez,

Cette viraBte image en qui tous vous plaisez ,

Cet ennemi de Rome , et cet autre vous-même ,

Enfin , ce Xipbarès que vous voulez que j'aime...

HinmioATE.

VousTaimez?

MONIMB.

Si le sort ne m'eût dmnée à vous.

Mon bonheur dépendait de l'avoir pour époiax. Avant que votre amour m'eût envoyé ce gage. Nous nous aimions. Seigneur, vous changez de visagi !

HlTURmATB.

Non, madame, il suffit Je vais vous renvoyer. Allez. Le temps est cher, il le fiiut employer. Je vois qu'à m'obéir vous êtes dispoeée : Je suis content.

MONIMK, eo s'ea allant.

Oh del ! me serais-j^ abusée?

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