ACTE IV, SCÈNE IV. M
Vous m'acçutcz «ncor , quand je suis offenaé ! Je vois que pour un traître un fol espoir tous flatte. A qudle épreuve , 6 ciel , réduis-tu Mithridate? rar quel ehanne secret laissé-je retenir Ce courroux si sèvere et si prompt à punir? Profitez du moment que mon amour tous donne : Pour la dernière fois , venez , je tous l'ordonne. TTattirez point sur vous des périls superflqs , Pour un fils insolent que tous ne Terrez plus. Sans vous parer pour lui d'une Un qui m'est due, Perdez-en la méôioire aussi bien que la Tue; Et désormais , senâlble à ma seule bonté , Méritez le pardon qui tous est présenté.
«ONne.
Je n*ai point oublié quelle reconnaissance. Seigneur , m'a dû ranger sons Totre obéissance : Quelque rang ob jadis soient montés mes aïeux , Leur gloire de si loin n'éblouit point mes yeux. Je songe aTec respect de combien je suis née An-dessous des grandeurs d'un si noble hyménée : Et , malgré mon penchant et mes premiers desseins Pour un fils, après tous , le pins grand des humains. Du jour que sur mon front on mit ce diadème , Je renonçai , seigneur , à ce prince , h moi-mên»e. Tous deux d'intelligence à nous sacrifier, Loin de moi , par mon ordre , fl courait m'oublier. Dans rombre du secret ce feu s'allait éteindre ; Et même de mon sort je ne pouTais me plaindre , Puisqu'enfin , aux dépens de mes Tœux les plus doux , Je faisais le bonheur d'un héros td que tous. Vous seul , sdgneur , TOUS seul tous m'aTez arrachée A cette obéissance où j'étais attachée ; Et ce fatal amour dont j'aTais triomphé , Ce feu que dans l'oubli je croyais étouffé , Dont la cause à jamais s'éloignait de ma Tue , Vos détours l'ont surpris , et m'en ont conTaincue. Je TOUS l'ai confessé , je le dois soutenir : En Tain tous en pourriez perdre le souTenir ; Et cet aTeu honteux oii tous m'aTez forcée Demeurera touiours présent à ma pensée , Toujours je vous croirais incertain de ma foi;
4W MITIIRIDATE.
Et le teniibeau , seigneur, est moins triste pour \w»\ Que le Ut d'un époux qui m*a fait cet outrage» Qui s'est acquis sur moi ce cruel avantage » Et qui y me pr^rant un étemel ennui , MTa ûût rougir d'un feu qui n^était pas pour lui.
MITHRIDATB.
C'est donc votre réponse? et , sans plus me complaire. Vous refusez l'honneur que je voulais vous ikire? Pen8e7«-y bien. J'attends pour me déterminer.
MONIHB.
Non , seigneur, vainement vous croyez m'étonner. Je vous connais ; je sais tout ce que je m'apprête , Et je vois quels malheurs j'assemble sur ma tête : Nais le dessein est pris ; rien ne peut m'â>ranler. Jugez-«i, puisqu'ainsi je vous ose parler, Et m'emporte au delà de cette modestie Dont jusqu'à ce moment je n'étais point sortie. Vous vous êtes servi de ma fimeste main Pour mettre à votre fils un poignard dans le sein : De ses feux innocents j'ai trahi le mystère ; Et, quand il n'en perdrait que Famour de son père ,. Il en mourra , seigneur. Ma fol ni mon amour Ne seront point le prix d'un si cruel détour. Après cela , jugez. Perdez une rebelle ; Armez-vous du pouvoir qu'on vous donna sur élte : J'attendrai mon arrêt ; vous pouvez commander. Tout ce qu'ai vous quittant j'ose vous demander , Croyez ( à la vertu je dois cette justice) Que je vous trahis seule, et n'ai pœnt de complice ; Et que d'un plein succès vos vœux seraient suivis , Si j'en croyais, seigneur, les vœux de votre fils.