ACTE U, SCÈNE I
ise dès l'enfimce en des bras étrangers , içus et je Yois le jour que je respire , que mère ni père ait daigné me sourire. lore qui je suis, et pour comble d'horreur «rade effrayant m'attache à mon erreur ; ^ quand je yeux chercher le sang qui m'a fait naître , lit que sans périr je ne me puie connaître.
DORIS
, non ; jusques au bout yous deTez le chercher, oracle toujours se platt à se cacher ; jours avec un sens il en présente un autre : perdant un fiàux nom vous reprendrez le T6trc. >t là tout le danger que vous pouvez courir ; ;'est peut-être ainsi que vous devez périr, tgez que votre nom fut changé dès l'enâuice.
ÉRlPmLB.
n'ai de tout mon sort que cette connaissance ; ton père, du reste infortuné témoin , me permit jamais de pénétrer plus loin, las ! dans cette Troie où j'étais attendue , . gloire f disait-il , m'allait être rendue : Hais , en reprenant et mon nom et mon rang , s plus grands rois en moi reconnaître le sang. jà je découvrais cette fameuse ville, ciel mène à LesbosTmipitoyable Achille : •ut cède , tout ressent ses funestes efforts ; tn père , enseveli dans la foule des morts , î laisse dans les fers à moi-mèmélnconnue : , de tant de grandeurs dont j'étais prévenue , le esclave des Grecs, je n'ai pu conserver le la fierté d'un sang que je ne puis prouver.
BORIS
1 ! que perdant , madame , un témoin si fidèle , ï main qui vous Fôta vous doit sembler cruelle*, ais Calchas est id , Calchas si renommé , ji des secrets des dieux fut toiqours informé. 3 ciel souvent lui parle : instruit par un tel maître sait tout ce qui fut et tout ce qui doit être. Durrait-O de vos jours ignorer les auteurs ? e camp même est pour vous tout {dein de protecteurs : ientôt Iphigénie , en épousant Achille ,
456 IPHIGÉNIE
Vous ya sous son appui présenter un asile ;
Klle vous i'a promis et juré devant moi.
Ce gage est le premier qu'elle attend de sa foi.
ÉBIPHILE.
Que dirais- tu , Doris , si , passant tout le reste , Cet hymen de mes maux était le pim funeste ?
DORIS
Quoi, madame I
ÉRIPHILE
Ta vois avec étonnement Que ma douleur ne souffre aucun soulagement. Écoute , et tu te vas étonner que je vive.
C'est peu d'être étrangère , inconnue , et captive ; Ce destructeur fatal des tristes Lesbiens , Cet Achille, l'auteur de tes maux et des miens. Dont la sanglante main m'enleva prisonnière , Qui m'arracha d'un coup ma naissance et ton père , De qui jusques au nom tout doit m'étre odieux , Est de tous les mortels le plus cher à mes yeux.
DORIS
AI) ! que me dites-vous!
ÉRlPffiLB.
Je me flattais sans cesse Qu*un silence éternel cacherait ma faiblesse : Mais mon cœur trop pressé m'arrache ce discours , Kt te parle une fois , pour se taire toujours. Ne me demande point sur quel espoir fondée De ce fatal amour je me vis possédée.
Je n'en accuse p0int quelques feintes douleurs Dont je crus voir Achille honorer mes malheurs : Le ciel s'est fait, sans doute , uner joie inhumaine A rassembler sur moi tous les traits de sa haine. Rappelierai;je encor le souvenir affreux Du jour qui dans les fers nous jeta toutes deux ? Dans les cruelles mains par qui je fus ravie Je demeurai longtemps sans lumière et sans vie : Enfin , mes tristes yeux cherchèrent la clarté ; Et , me voyant presser d'un bras ensan^anté , Je frémissais , Doris , et d'un vainqueur sauvage Craignais de rencontrer l'effroyable visage. J'entrai dans son vaisseau , détestant sa fureur,