‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 424 sur 716 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

BAJAZET, ROXANE

Je ne vous ferai point des reproches frivoles ; Les moments sont trop chers pour les perdre en paroles : Mes soins vous sont connus ; en un mot , vous vivez ; Et je ne vous dirais que ce que vous savez. Malgré tout mon amour, si je n'ai pu vous plaire , Je n'en mnimure point ; quoiqu'à ne vous rien taire , Ce même amour peut-être , e^ces mêmes bienfaits ^ Auraient dû suppléer à mes faibles attraits : Mais je m'étonne enfin que , pour reconnaissance , Pour prix de tant d'amour, de (ont de confiance , Vous ayez si longtemps , par des détours si I<as , Feint uii amour pour moi que vous ne sentiez pas.

l'culpéuélrcr des DiorU I» prolbude denreurc? Quel clMime l'altinil uir ms bonU nKloutCif

Th&éc £st mort , madame , et vous seule en duulcz - Atbëies en gémit; Tréïéoe eoestinitranc.

Et d£ji pour BOD roi reconnaît llippolyle. Plièdre, dan» ce palaig , trembtiDte pour son fils , l>e ses amit InwblÉs demande les avis.

El tu crois que , pour moi plus humain que son père,

Hippolyte rendra ma clialne plus légère, Qu'il plaiudni mes malheurs?

Madame, >e lecnii.

L'insensible Hippoljte est-il connu de loi?

Sur quel frivole espoir penses-tu qu'il me plaigne,

Et reapecU en moi seule uu sexe qu'il déilalgne >

Tu ToiB depuis que! lanps a érile nos pas

El clierche tous les lieux où nous ne sommes lus.

Je sais de ses froideurs t«ut ce que l'on récite . Mais j'ai vu près de vous ce Bupertie Hif^mljle; El même , en le ïoyant , le bruit do sa fierW A redoublé pour lui ma curioaiW.

Sa présence à ce bruit n'a point para i^pondre : DÈS ïo* premiers regards je l'ai vu eecoufbndrej Ses yeux , qui vainement ïoulaient vous éviter, Béjà pldus de langueur ne pouvaient vous quitter. Le nom d'amant peut-itre uflèuse son courage ; Mais il ra a les yeux , s'U n'en a le langage.

Que mon cœur, dière Istnène , écoate arklement Un discours qui peut-être a peu de fondement ! G toi qui me connais , te semblait-il i^oyaUe Que te triste jouet d'un sort impiteyidde , Un cŒur toujours nourri d'amertume et de pleurs Dût connaître l'amour et ses folles douleuisP Reste du sang d'un roi no!»le fila de la Terre Je SUIS seule échappée aux fureurs de la guerre : J ai perdu dans la Peur de leur jeune saisao

Page 1