‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 452 sur 716 · PRÉFACE D£ MITHRIDATE · texte numérisé non relu

PRÉFACE D£ MITHRIDATE

a*y a guère de noia plos connu que celui de MUhridate : sa vie et sa mort . une partie considérable de f histoire romaine; et , sans compter les pires qifU a remportées , on peut dire que «es seules défaites ont fait tqae toute la gloire de trois des plus grands capitaines de la répubU- , c'est à sarolr , de SyUa, de LucdUus, et de Pompée. Ainsi Je ne se pas qu'il soit besoin de citer Ici mes auteurs : car, excepté qnelft événements que J'ai un peu rapprochés par le droit que donne la sle » tout le monde reconnaîtra aisément que J'ai snivi l'histoire arec acoup de fidélité, fin effet « U n'y a guère d'actions éclatantes dans la de Mithrldate qui n'aient trouré place dans ma tragédie. J'y ai Inséré t ce qui pourait mettre en Jour les mœurs et les sentiments de ee ice, je yeux dire sa haine violente contre les Romains, son grand rage , sa finesse , sa dissimulation , et enfin cette Jalousie qui lui était laturelle, et qui a tant de fois coûté la rie à ses maîtresses, a seule chose qui pourrait n'être pas aussi connue que le reste , c'est esseia que Je lui fais prendre de passer dans l'Italie. Gomme ce desi m'a fourni une 4es scènes qui ont le plus réussi dans ma tragé- , je crois que le plaMr du lecteur pourra redoubler, quand U ra que presque tous les historiens ont dit ce que Je fais dire ici à hridate.

lorus , Plutarque , et Mon Casslns , nomment les pays par où U devait ser. Applen d'Alexandrie entre ^lus' dans le détail; et, après avoir rqué les facilités et les secours que Mithrldate espérait trouver dans sa robe , U ajoute que ce projet fut le prétexte dont Pharnace se servit ir faire révolter toute l'armée, et que les soldats, effrayés de l'entrese de son père , la regardèrent comme le désespoir d'un prince qui cherchait qu'à périr aycc éclat. Ainsi elle fut en partie cause de sa rt , qui est l'action de ma tragédie.

'ai encore lié ce dessein de plus près à mon sujet; Je m'en suis senri ir faire connaître à Mithrldate les seci%ts sentiments de ses deux fils, ne peut prendre trop de précaution pour ne rien mettre sur le :âtre qui ne soit très-nécessaire; et les plus belles scènes sont en iger d'ennuyer, du moment qu'on peut les séparer de l'action, qu'elles l'int^rompent, au Ueu de la conduire rers sa fin. ^oicl la réflexion que fait Dion Casslns sur ce dessefai de Mithrldate : l homme, dlt-il, était rérltablementué pour entreprendre de grandes >ses. Comme 11 avait souvent éprouré laponne et la mauraise fortune , oe croyait rien au-dessus de ses espérances et de son audace , et aurait ses desseins bien plus à la grandeur de sen courage qu'au maos état de ses affaires; bien résolu , si son entreprise ne réusstssall mt. de faire une fin digne d'un grand roi, et de s'ensevelir lui-même is les rulues de son empire , plutôt que de vlyre dans l'obscurité et os la bassesse.

^'ai choisi Monhne entre les femmes que Mithrldate a aimées. I) ralt que c'est ceUe de toutes qui a été la plus yertneuse, et quil a née le plus tendrement. Plutarque semDle avoir pris plaisir à décrire mallieur et les senthuents de cette princesse. Cest lui qui m'a donne

Mais à quelle fureur me laissant emiiorler Contre ses tristes jours Taû^e tous irriter ! De mes emportements die n*est point complice. Ni de mon amour même et de mon injustioe : Loin de me retemr par des conseils jaloux , Elle me conjurait de me donner à vous. En un mot , séparez ses yertus de mon crime. Poursuivez , s'a le faut , tin courroux légitime ; Aux ordres d'Amurat h&tez-Tons d'obéir : Mais laissez-moi du moins mourir sans vous haïr. Amurat avec moi ne l'a point condamnée : Épargnez une vie assez infortunée.

Ajoutez cette grAce à tant d'autres boutés. Madame ; et si januûs je tous fus cher.. .

ROXAICB.

Sortez.

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