‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 467 sur 716 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

MITHRIDATE, MONIME

■ITUIIIDàTB.

Enfin j'ouvre les yeux , et je me fais jastiee :

Cest faire à yos beautés un triste sacrifice.

Que de vous présenter, madame , avec ma foi ,

Toiut TAge et le malheur que je traîne avec moi.

Jusqu'ici la fortune et la victoire mêmes

Cachaient mes cheveux blancs sous trente diadèmes^.

Mais ce temps-^Ià n'est plus : je régnais; et je fuis -.

Mes ans se sont accrus ; mes honneurs sont détruiU» ;

Et mon front, dépouillé d*un si noble avantage.

Du temps qui l'a flétri hûsse vmr tout l'outra^.

D'ailleurs mille desseins partagent mes. esprits :

D'un camp prêt à partir tous entendez les cris ;

Sortant de mes vaisseaux , il fout que j'y remonte.

Quel temps pour un hymen , qu'une ftiite si prompio.

Madame! Et de quel front vous unir à mon sort ,

Quand je ne cherche plus que la guerre et la mort?

Cessez pourtant, cessez de prétendre à Pliamace :

Quand je me fais justice, il faut qu'on se la fksse.

Je ne souffrirai point que ce fils odieux.

Que je viens pour jamais de bannir de mes yeux ,

Possédant une amour qui me fut déniée.

Vous fasse des Romains devenir ralliée.

Mon trône vous est dû : loin de m'en repentir.

Je vous y place même avant que de partir.

Pourvu que vous vouliez qu'une main qui m'est clièi et

Un fils , le digne <H)jet de l'amour de son père ,

Xipharès, en un mot , devenant votre époux ,

Me venge de Phamace , et m'acquitte envers vous.

■ONIllE.

Xipharès t lui, seigneur?

MITHRIDATE

Oui, lui-même, madame.

D'où peut naître à ce nom le trouUe de votre Ame? Contre un si juste choix qui peut vous révolter? Est-ce quelque mépris qu'on ne puisse dompter? Je le répète encor ; c'est un autre moi-même.

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