‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 499 sur 716 · ACTE II, SCÈNE V. M · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE V. M

Achille.... Vous brûles que je ve soû partie.

Moi ! TOUS me soupçonnée de cette perfidie! Moi ! j'aimeraiB , maduney un vainqueur forieux , Qui toujours tout sanglant se présente à mes yeux ; Qui, la flamme à la main, et de meurtres avide, Mit en cendres Lesbos...

IHDGéNIE.

Oui, vous l'aimes, perfide !

Et ces mêmes fiirenrs que TOUS me d^pei^Des, Ces bras que dans le sang vous avec tus baignés, Ces morts , cette Lesbos, ces cendres, cette flanuiie , Sont les traits dont l'amour Ta graTé dans TOtre Ame ; Et , loin d'en détester le cruel souvenir. Vous TOUS plaisez encore à m'en entretenir. Déjà plus d'une fois dans tos plaintes forcées J'ai dû T(Mr et j'ai tu le fond de tos pensées : Mais toigours sur mes yeux ma fiicile bonté A remis le bandeau que j'aTais éèarté.

Vous l'aimez. Que fiiisais-je ? et quelle erreur fatale M'a fait entre mes bras receT<^ ma rîTale ? Crédule, je l'aimais : mon cœur même aujourd'hui De son parjure amant lui promettait l'appui. Voilà donc le triomphe où j'étais amenée ! Md-méme à Totre char je me suis enchaînée. Je TOUS pardonne , hélas ! des Toeux intéressés , Et la perte d'un cœur que tous me raTissez : Mais que , sans m'aTertir du piège qu'on me dresse , Vous me laissiez chercher jusqu'au fond de la Grèce V'mgFsi qui ne m'attend que pour m'abandonner, Perfide, cet affront se peut-fl pardonner?

ÉRIPHILE

Vous me donnez des noms qui dolTent me surprendre . Madame : on ne m'a pas instraite à les entendre ; Et tes dieux , contre moi dès longtemps indignés , K moD oreille encor les aTaient épargnés. M sis il fout des amants excuser l'iigustice. Et de quoi TouUez-TOUs que je tous aTerUsse? A?ez-Tous pu penser qu'an sang d'Agamemnoii Achille préférât une lille sans nom , Qui de tout son destin ce qu'elle a pu comprendre,

4ft4 IPH1G£N1£.

C'est qu'elle sort d'un sang qu'il brûle de répàtnàutî

IPHIGéNlE.

Vous triomphez , crudle , et bravez ma douleur. Je n'avais pas enoor senti tout mon malheur : Et TOUS ne comparez votre exil et ma gloire , Que pour mieux relever votre ii^nste victoire. Toutefois vos transports sont trop précipités : Ce même Agamemncm à qui vous insultez > Il commande à la Grèce, il est mon père , il m*aime, Il ressent mes douleurs beaucoup plus que moi-même. Mes larmes par avance avaient su le toucher ; J'ai surpris ses soupirs , qu'il me voulait cacher. Hélas ! de son accueil condamnant la tristesse , J'osais me plaindre à lui de son peu de tendresse !

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