‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 507 sur 716 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

• ACHILLE, CLYTEMNESTRË.

ACBILLB.

Tout succède , madame , à mon empressement;

Le roi n'a point voulu d'autre éclaircissement :

Il en croit mes transports ; et , sans presque m'entendre ,

11 vient en m'embrassant de m'açcepter pour gendre.

11 ne m'a dit qu'un mot. Mais vousa-t-il conté

Quel bonheur dans le camp vous avez apporté?

Les dieux vont s'apaiser : du moins Caichas publie

Qu'avec eux , dans une heure , il nous réconcilie ;

Que Neptune et les vents , prêts à nous exaucer,

N'attendent que le sang que sa main va verser.

Déjà dans les vaisseaux la voile se déploie ;

Déjà sur sa parole ils se tournent vers Troie.

Pour moi, quoique le ciel, au gré de mon amour,

Dût encore des vents retarder le retour.

Que je quitte à regret la rive fortunée

Où je vais allumer les flambeaux d'hyméuée;

Puis-je ne point chérir l'heureuse occasion

D'aller du sang troyen sceller notre union ,

Et de laisser bientôt, sous Troie ensevelie ,

Le déshonneur d'un nom à qui le mien s'allie?.

Page 1