‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 531 sur 716 · SCÈNE · texte numérisé non relu

SCÈNE

CLYTEMNESTRE, IPHIGÉNIE, iEGIiSli, EURYBATK, 1

GARDES. j

CLYTEMNEST&E. I

Oui , je la défeadrai contre tiMite raroiée. « |

Lâches , TOUS trahissez votre reine opprimée ! i

EQRTBATE.

Non , madame : il suflit que tous me commandiez ;

Vous nous Terrez combattre , et mourir à to» pieds.

Mais de nos faibles mains que pouTez^Tous attendre?

Contre tant d'ennemis qui tous pourra défendre ?

Ce n'est phis un Tain peuple en désordre assemblé ;

C'est d'un zèle fatal tout le camp aTeugié.

Plus de pitié. Calchas seul règne , seul commande :

La piété séTère exige son offrande.

Le roi de son pouToir se Toit déposséder,

Et lui-même au torrent nous contraint de céder.

Achille à qui tout cède , Achille à cet orage

Voudrait lui-même en Tain opposer son courage :

Que fera-t-il , madame? et qui peut dissiper

Touâ les flots d'ennemis prêts à TenTelopper ?

CLYTEMNESTRE

Qu*ils Tiennent donc sur moi prouTer leur zèle im^iie,

El m'arrachent ce peu qui me reste de Tie !

La mort seule , la mort pourra rompre les nœuds

Dont mes bras nous Tont joindre et lier toutes deux :

Mon corps sera plutôt séparé de mon ftmc ,

Que je souffre jamais... Ah ma fille!

IPHIGÉniE.

Ah madame !

Sous quel astre cruel avez-Tous mis au jour Le malheureux objet d'une si tendre amour ! Mais que pouTez-Tous faire en l'état où nous sommes!^ Vous aTez à combattre et les dieux et les hommes. Contre un peuple en fureur tous exposerez- vouj ? N'allez point dans un camp , rebelle k Totre époux , Seule à me retenir Tainement obstinée.

Par des soldats peut-être indignement tralnij^ , Présenter, pour tout fruit d'un déplorablo effort,

4Î)V IPHIGÉME.

Un sfieclacle à mes yeux plus cruel que la inurt. Allez ; laissez aux Grecs acheyer leur ouvrage , Et quillez pour jamais un mallieureux rivage; Du bûcher qui m'attend , trop voisin de ces lieux , La flamme de trop près viendrait frapper vos yeux. Surtout, si vous m*aimez, par cet amour de mère , Ne reprochez jamais mon ûépèA à mon père.

CLYTEIUCESTKB.

Lui , par qui votre cœur à Calchaa présenté.. .

IPBICéllTE.

Pour me rendre à vos pleurs qoe nVt-il point tenlé?

CLYTBIUlESrrèE.

Par quelle trahison le cruel mt'a déçue !

IPBIGÉWIE.

Il me cédait aux dieux dont il m'avait reçue. Ma mort n'emporte pas toat le fruit de vos feux : De Tamour qui vous joint vous avez d'autres nceuilsi Vos yeux me reverront dans Orestenott frère. Pnisse-t-il être, hélas ! moins funeste à sa mère! D'un peuple impatient vous entendez la voix. Daignez m'ouifrir vos bras pour la dernière fois, Madame : et , rappelant votre vertu -sublime... Eurybate , à Tautel conduiser la victime.

CLYTEMNESTRE, jEGlNE cai«i»ks.

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