‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 554 sur 716 · ŒNONE · texte numérisé non relu

ŒNONE

Souvenez-vous d'un fils qui n'espère qu'en vous.

PHÈbRB.

On (Ut qu*un prompt départ vous éloigne de nous,.

530 PHÉDAE.

Seigneur. A voe douleurs je vieDS Joindre mes la raies; Je TOUS viens pour un fils eipliquer mes alarmes. Mon fils n'a plus de père , et le jour n'est pas loin Qui de ma mort enoor doit le rendre témoin. Déjà mine ennemis attaquent son enfance : Vous seul pouTez contre eux embrasser sa défeu:)C Mais un secret remords agite mes esprits : Je crains d'avoir fermé Totre oreille à ses cris ; Je tremble que sur lui votre juste colère Ne poursuive bientôt une odieuse mère.

mPPOLTTE.

Madame , je n'ai point des sentiments si bas.

Quand vous me hairiez, je ne m'en plaindrais pas , Seigneur; vous m'avez vue attacha à vous nuire ; Dans le fond de mon cœur vous ne pouviez pas lire. A votre inimitié j'ai pris soin de m'ofirir; Aux bords que j'habitais je n'ai pu vous souiïrir ; En public , en secret, contre vous déclarée , J'ai voulu par des mers en être séparée; J'ai même défendu par une expresse loi Qu'on osÂt prononcer votre nom devant moi : Si pourtant à l'offense on mesure la peine , Si lahaine peut seule attirer votre haine , Jamais femme ne fut plus digne de pitié , Et moins digne , seigneur, de votre inimitié.

HIPPOLTTE.

Des droits de ses enfants une mère jalouse Pardonne rarement au fils d'une autre épouse ; Madame, je le sais : les soupçons importuns Sont d'un second hymen les fruits les plus communs. Toute autre aurait pour moi pris les mêmes ombrages , Et j'en aurais peut-être essuyé plus d*outrages.

PUÈDRE.

Ah seigneur ! que le ciel , j'ose ici l'attester. De cette loi commune a voulu m'excepter I Qu'un solKl)ien différent me trouble et me dévore !

HIPPOLYTE

Madame , il n'est pas temps de vous troubler ciioure Peut-être votre époux voit encore le jour ; Le ciel peut à nos pleurs accorder son retour.

Page 1