‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 565 sur 716 · THÉSÉE, ŒNONE · texte numérisé non relu

THÉSÉE, ŒNONE

THÉSÉE

Ah ! qu'est-ce que j'entends ! Un traître , un téméraire Préparait cet outrage à l'honneur de son père ! Avec quelle rigueur, destin , tu me poursuis ! Je ne sais où je Tais , je ne sais où je suis. O tendresse 1 6 bonté trop mal récompensée ! Projet audacieux 1 détestable pensée!

Pour parvenir au but de ses noires amours ,

ACT£ IV, SC£i\£ II. d3a

L*iiisoleiii de la force etat^tÀùi le secours !

J'ai reconnu le fer, instrument de sa rage ,

Ce fer dont je l'armai pour un plus noble usage.

Tous les liens du sang n'ont pu le retenir !

£t Phèdre différait à le faire punir !

Le sOende de Phèdre épargnait le coupable !

OENONE

Phèdre épargnait toujours un père déplorable.

Honteuse du dessein d'un amant furieux ,

Et du feu criminel qu'il a pris dans ses yeux ,

Phèdre mourait , seigneur, et sa main meurtrière

Éteignait de ses yeux Tinnocente lumière.

J'ai TU lerer le bras , j'ai couru la sauver :

Moi seule à Totre amour j'ai su la conserver ;

£t , plaignant à la fois son trouble et vos alarmes , '

J'ai servi malgré moi d'interprète h ses larmes.

TBÉSÈE.

Le perfide I il n'a pu s'empêcher de p&lir :

De crainte , en m'abordant , je l'ai vu tressaillir.

Je me suis étonné de son peu d'allégresse ;

Ses froids embrassements ont glacé ma tendresse.

Mais ce coupable amour dont il est dévoré

Dans Athènes déjà s'était-il déclaré ?

Seigneur, souvenez-vous des plaintes de la reine. Un amour criminel causa toute sa haine.

THÉSÉE

Et ce feu dans Trézène a donc recommencé !

OENONE

Je vous ai dit, seigneur, tout ce qui s'est passé. C'est trop laisser la reme à sa douleur mortelle ; Souffrez que je vous quitte , et me range auprès d'elle.

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