‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 590 sur 716 · ACTE I, SCÈMË II. l^oa · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈMË II. l^oa

HAEDOCUÉB.

Laissez les pleurs, Ëstlier, à ces jeuoes eniants. En vous est tout l'espoir de vos malheureux frères ; H faut les secourir : mais les heures sont chères; Le temps vole , et bieutôt amèoera le jour Oîi le nom des Hébr^itai doit périr sans retour. Toute pleine du feu de tant de saints prophètes , Allez 9 osez au roi dédarer qui tous êtes.

Hélas 1 ignorez- vous quelles séTères lois

Aux timides mortels cachent ici les rois ?

An fond de leur palais leur BUtfesté terrible

Affecte à leurs sujets de se raidre Invisible ;

Et la mort est le prix de tout audacieux

Qui sans être appelé se présente à leurs yeux ,

Si le roi dans rhistant, pour sanver le coupable,

Ne lui donne à baiser son sceptre redoutable.

Rien ne met à l'abri de cet ordre fotal ,

Ni le rang, ni le sexe; et le crime esiégsl.

Moi-même , sur son trône à ses c6lé8 assise ,

Je suis à cette loi , comme ud autre, soumise ;

Et sans le prévenir, il faut pour lui parler

Qu*il me cherche , on du moins qu'il me fiasse appeler.

Quoi ! lorsque vous voyez périr votre patrie , Pour quelque chose , Esther, vous comptez votre vie I Dieu parle ; et d'un mortel vous cnôgncs le courroux ! Que dis-je ? votre vie , Estlier, est-dle à vous? N'est-elle pas au sang dont vous êtes issue ? N'est-elle pas à Dieu dont vous l'avez reçue? Et qui sait , lorsqu'au trône il conduisit vos pas , Si pour sauver son peuple il ne vous gardait pas ? Songez-y bien ; ce Dieu ne vous a pas choisie Pour être un vain spectade aux peuples de l'Asie , Ni pour charmer les yeux des profanes bumauis : Pour un plus noble usage il h^erve sea saints. S'immoler pour son nom et pour son héritage , D'un enfimt d'Israël voilà le vrai partage : Trop heureuse pour lui de hasarder vos jours 1 Et quel besoin son bras a-t-il de nos secours? Que peuvent contre lui tous les rois de la terre?

i&k ESTHER.

Eo vain Os s'uniraient pour loi finre la gnene : Pour dtttiper leur ligne il n'a qu'à se montier ; Il parle, et dans la pondre fl lesfiut tous rentrer. An seul son de sa toîx la mer AUt, le ciel tremble : Il Toit comme no néant toot rmorers ensemble ; Et les bibles mortels. Tains jouets dn trépas. Sont tons devant ses yen eomme sflb n'étaient pas.

S*U a permis d'Aman Fandiee crioûneile.

Sans donte qofl voulait épranver votre lèle. CTest loi qui , m'exdtant à tous oser cbercfaer. Devant moi , cbère Esther, a bienTonln marcher : Et si'il Cuit qoe sa voix firappe ea vain tos oreilles , Noos n'en verrous pas OMins éclater ses merveilles. Il peot confondre Aman, il peut briser dos fers Par la plus Cuble main qni soit dans Fonivers : Et roos , qui n'anrea point aeoepté eette grâce , Vous périrez pent-étra, et toute votre race.

Allei : qoe tons les Joifr dans Sose v^iandns, A prier avec vous jour et mat assidus. Me prêtent de leurs tcbox le seconissafaitaire, Et pendant ces trrâs jours gaident un jeftne austère. Déjà la sombre nuit a commencé son tour : Demain y quand le soleil raDnmera le jour. Contente de périr, s'il ûnt que je prisse, J'irai pour mon pays m'Q0rir en sacrifice. Qu'on s'âoigne on moment.

(1^ chmir se relire rera le fond do Ujéâtre.

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