‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 623 sur 716 · ACTE IX, SCÈiVt: m. ai · texte numérisé non relu

ACTE IX, SCÈiVt: m. ai

Un cœur noble ne peut soupçonner en autrui La bassesse et la malice Qu'il ne sent point en lui.

UNE AUTRE

Comment s'est calmé l'orage ?

UNE AUTRE

Quelle main salutaire a chassé le nuage?

Tt>UT tE CHŒUR.

L'aimable Esther a fait ce grand ouvrage.

UNE ISRAÉLITE , seulc.

De l'amour de son Dieu son coRur s'est embrasé ; Au péril d'une mort funeste Son zèle ardent s'est exposé ; Elle a parlé : le ciel a fait le reste.

QEUX ISRAÉUTES.

Eslher a triomphé des filles des Persans • La nature et le ciel à Tenvi l'ont ornée.

l'une des DEUX.

Tout ressent de ses yeux les charmes innocents. Jamais tant de beauté fut-elle couronnée ?

l'autre.

Les charmes de son cœur sont encor \)\\\s puissants. Jamais tant de vertu fut-cUe couronnée?

TOUTES DEUX CBScmble.

Esther a triomphé des filles des Persans : La nature et le ciel à Tenvi Tont ornée.

UNE ISRAÉLITE , seule.

Ton Dieu n'est plus irrité ; Réjouis-toi , Sion , et sors de la poussière ; Quitte les vêtements de ta captivité ,

Et reprends ta splendeur première.

Les chemins de Sion à la fin sont ouverts :

Rompez "VOS fers.

Tribus captives; Troupes fugitives.

Repassez les monts et les mers ; Rassemblez-vous des bouts de l'univers.

TOUT LE CHOEUR

Rompez VOS fers.

Tribus captives ; Troupes fugitives.

5<J8 CSTUER.

Repassez les monts et les mers; Rassemblez-Tous des bouts de i'auiverb.

UNE ISRAÉLITE, Mttic.

Je reverrai ces campagnes si chères.

UNE AUtRE.

J'irai pleurer au tombeau de mes pères.

TOUT LE aiœuR.

Repassez les monts et les mers; Rassemblez-Toas des boots de Tunivers.

U^E ISRAÉLITE, seule.

Relevez , relevez les superbes portiques Du temple ou notre Dieu se platt d'être adoré : Que de l'or le plus pur son autel soit paré. Et que du sein des monts le marbre soit tiré. Liban , dépouille-toi de tes cèdres antiques : Prêtres sacrés , préparez vos cantiques.

UNE AUTRE

Dieu descend et revient habiter parmi nous : Terre, frémis d'allégresse et de crainte; Et vous , sous sa majesté sainte , Cieux , abaissez- vous.

UNE AUTRE

Que le Seigneur est bon! que son joug est aimable f Heureux qui dès Feufance en connaît la douceur! Jeune peuple, courez à ce maître adorable : Les biens les plus charmants n'ont rien de comparable Aux torrents de plaisirs qu'il répand dans un cœur. Que le Seigneur est boa ! que son joug est aimable I Heureux qui dès Tenfance en connaît la douceur !

Il s'apaise , il pardonne ; Du cœur ingrat qui l'abandonne

Il attend le retour; Il excuse notre faiblesse; Â nous chercher même il s'empresse :

Pour Tenfant qu'elle a mis au jour Une mère a moins de tendresse.

Ali ! qui peut avec lui partager notre amour?

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