‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 669 sur 716 · ACTE II, SCÈNE II. tit · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II. tit

JOSABBT.

le tremble. Hàtez-voiis d'édaircir votre mère.

ZACUAaiE.

Déjà , selon la loi , le grand prêtre mon père , Après avoir au Dieu qui nourrit les humains De la moisson nouTelle offert les premiers pains , Lui présentait encore entre ses mains sanglantes Des Yiclimes dEe paix les entrailles fumantes ; Debout à ses côtés, le jeune Éliadn Comme moi le servait en long habit de lin ;

£t cependant du sang de la chair immolée

Les prêtres arrosaient l'autel et rassemblée :

Un bruit confus s'élève, et du peuple surpris

Détourne tout à coup les yeux et les esprits.

Une fenune... (peut-on la nommer sans blas[»hèmc) !

Une femme... C'était Athalie elle-même.

JOSABET.

Ciel !

ZikCHARlE.

Dans un des parvis , aux hommes réservé , Cette feoune superbe entre , le front levé , Et se préparait même à passer les limites De Penceiate sacrée ouverte aux seuls lévites. Le peuple s'épouvante , et fuit de toutes parts. Mon père.. . ah 1 quel courroux animait ses regards ! Moïse à Pharaon parut moins formidable : <t Reine , sors , a-t-il dit , de ce lieu redoutable , « D'où te bannit ton sexe et ton impiété. « Viens-tu du Dieu vivant braver la majesté? » La reine alors , sur lui jetant un (dl farouche , Pour blasphémer sans doute ouvrait déjà la bouche : J'ignore si de Dieu l'ange se dévoilant Est venu lui montrer un ^aive étincelant ; Mais sa langue en sa bouche à l'instant s'est glacée , Et toute son audace a paru terrassée ; Ses yeux, conune effrayés, n'osaient se détourner : Surtout Éliacin paraissait l'étonner.

JOSABBT.

Quoi donc 1 Éliacin a paru devant elle?

ZAGHARIE.

Nous regardions tous deux cette reine crueUe,

616 ATHàLIC.

Et d*une égale horreur nos cœars étaient frappés : Mais les prêtres bientôt nous ont enreloppés ; On nous a fait sortir. J'ignore tout le reste, £t yenais'Tons conter ce désordre funeste.

JOSABET.

Ah 1 de nos bras sans doute elle Tient l'arracher ; / Et c'est lui qu'à l'autel sa fureur vient chercher. / Peutètre en ee moment l'objet de tant de larmes.. . / Souviens-toi de David , Dieu , qui vois mes alarmes !

sALomm.

Quel est-il , cet objet des pleurs que vous verses ?

ZICHARIB.

Les jours d'Éliadn seraient-ils menacés P

SALOHrra.

Aurait-il de la reine attiré la colère?

ZACHARIE

Que craint-on d'un enfant sans support et sans pèr

JOSABET.

Ah ! kl void. Sortons : il la faut éviter.

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