‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 676 sur 716 · ACTE il, SCÈNE Vif · texte numérisé non relu

ACTE il, SCÈNE Vif

ATBALIE.

Cet âge est innocent : son ingénuité N*a4tère point encor la simple vérité.

Laissez-le s'expliquer sur tout ce qui le touche.

JOSABETyàparC.

Daigne mettre , grand Dieu , ta sagesse en sa bouclie !

ATHiaiB.

Gomment vous nommez^TOUS ?

JOAS

J'ai nom Éliacin.

ATHAUE.

Votre père?

JOAS

Je suis , dit-on , un orphelin Entre les bras de Dieu jeté d^ ma naissance , Et qui de mes parents n'eus jamais connaissance.

ATHAL1B.

Vous êtes sans parents ?

JOAS

Ils m*ont abandonné.

ATHAUE.

Gomment ? et depuis quand ?

JOAS

Depuis que je suis né.

Ne sait-on pas au moins quel pays est le vôtre ?

JOAS

Ce temple est mon pays : je n'en connais point d'autre.

ATHAUE.

Oii dit-on que le sort vous a fait rencontrer ?

JOAS

Parmi des loups cruels, prêts à me dévorer.

ATHAUE.

Qui vous mit dans ce temple?

JOAS

Une femme inconnue , Qui ne dit point son nom, et qu'on n'a point revue.

ATHAUE.

Mais de vos premiers ans quelles moins ont pris soin?

JOAS

Dieu Uissa-t-il jamais ses eniïmts au besoin ?

^n ATHALIK.

Aux petits des oiseaox il doone leur pâture. Et sa boaté s'étend sur toute la natnie. Tous les joufs je Finroque; et d^ui soin paternel Il me Doomt des dons offerts sur son antel«

AIHAUB.

Quel prodige nouveau me trouble et m'emliorrasee! La douceur de sa Toix , son enfimee , sa gr&œ , Font Insensiblement à mon inimitié Succéder... Je serais sensible à la pitié !

AKIER.

Madame, Toilà donc cet ennemi terrible?

De Tos songes menteurs l'imposture est visible ; A mmns 91e la pitié, qui semble tous troubler. Ne soit ce coup fatal qui tous faisait trembler.

ATHàLIB , i Joas et à Josabet. •

Vous sortez?

JOSàBET.

Vous avez entendu sa fortune :

Sa présence à la fin pourrait être importune.

ATHAUB.

Non : rerenez. Quel est tous les jours Totre emploi?

JOAS

J'adore le Seigneur ; on m'explique sa loi ; Dans son livre divin on m'i^rend à la lire; Et déjà de ma main je commence à récrire.

ATHAUB.

Que vous dit cette loi?

JOAS

Que Dieu veut être aimé; Qu'A venge tôt ou tard son saint nom blasphémé ; Qu'il est le défenseur de l'orphelin timide ; Qu'il résiste au superbe , et punit Thomidde.

ATHAUB.

J'entends. Mais tout ce peuple enfermé dans ce lieu , A quoi s'occupe-t-fl ?

JOAS

U loue, fl bénit Dieu.

ATHAUB.

Dieu veut-il qu'à toute heure on prie , on le couterople ?

JOAS

TéUt prof jne exercice est banni de son temple*

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