‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 681 sur 716 · ACTE II, SCÈNE IX. U2î · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IX. U2î

Ud jeune lis , l'amour de la nature.

Loin du inonde élevé , de tous les dons des deux Il est orné dès sa naissance; Et du méchant l'abord contagieux N'altère point son innocence.

TOUT LE CHOEUR

Heureux, heureux mille fois L'enfant que le Sdgneur rend dodle à ses lois!

IJins YOIX seule.

Mon Dieu , qu'une vertu naissante Parmi tant de périls marche à pas incertains ! Qu'une âme qui te cherche et veut être imiocente Trouve d'obstacle à ses desseins !

Que d'ennemis lui font la guerre !

Où se peuvent cacher tes saints?

Les pécheurs couvrent la terre.

O palais de David , et sa dière cité y Mont iameux, que Dieu même a longtemps habité» Conunent as-tu du dél atth^ la colère ? Sion , chère Sion , que dis-tu quand ta vois Une impie étrangère Assise, hélas! au trûne de tes rois ?

TOUT LE CHOEUR

Sion , chère Sion , que dis-tu quand tu vois Une impie étrangère Assise p hélas ! au trône de tes rois ?

LA MÊME von continue.

Au lieu des cantiques charmants Où David f exprimait ses saints ravissements, Et bénissait son Dieu , son seigneur, et son père ; Sion , chère Sion , que dis-tu quand tu vois

Louer le dieu de l'impie étrangère , Et blasphémer le nom qu'ont adoré tes rois?

UNE VOIX seule.

Combien de temps. Seigneur, combien de temps encore Verrons-nous contre toi les méchants s'élever? Jusque dans ton saint temple ils viennent te braver : Ils traitent d'insensé le peuple qui t'adore. Combien de temps , Seigneur, combien de temps encore Verrons-nous contre toi les méchants s'élever?

630 ATHAUE.

miE AUIBB.

Que TOUS seriy discDl-ilSy cette Terta saorage? Dis tant de plaisirs si doux Pouiquoi fayez-Yous Fosage ?

Votre Diea ne lail rien pour ¥OQS.

Rions, chantons y dit cette trouiie impie; De ilenn en fleois , de Raisin en plaisirs ,

Promenons nos désirs.

Sur l'aYenir insensé qui se fiel De nos ans passafgen le nombre est incertain : Uâtons-noos aiqoaidlini de jouir de la TÎe; '^ (^ Qui sait si nous serons demain ?

^ TOUT LB GHOSOR.

Qu'ils plearanty ô mon Dieu , qu'ils frémissent de craiatC'

Ces malhenreux» qui de ta cité sainte

Ne Terront point rétemeUe splendeur !

C'est à nous de chanter, nous à qui tu révèles

Tes clartés immortelles y C'est à nous de chanter tes dons ^ ta grandeur.

UHB YOOL seule.

De tous ces vains plaisirB où leur ikme se plonge. Que leur restera-t-fl ? Ce qui reste d'un songe

Dont on a reconnu Terreur.

A leur réveil , (6 réveil plein d'horreur ! )

Pendant que le pauvre à ta table Goûtera de ta paix la douceur inefTable , Ils boiront dans la coupe afireusë , inépuisable , Que tu présenteras , au jour de ta foreur,

A toute la race coupable.

• TOirr LE CUOEDR.

O réveil plein d'horreur !

O songe peu durable!

O dangereuse erreur 1

AGT£ in, SCÈNE UI. 631

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