‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 683 sur 716 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

mathan; NABAL.

NABAL

Leurs enfants ont déjà leur audace hautaine.

639 ATHALIE

Mais que veut Athalie en cette occasiou ? D'où liait dau8 ses conseils cette oonfosiou ? Par riosolont Joad ce matin offensée , Et d'an enfant fatal en songe menacée , £lle allait inïmoler Joad à son conrroux , Et dans ce temple enfin placer Baal et tous. Vous m'^ aviez déjà confié votre joie; Ei j'espérais ma part d'une si riche proie. Qui fait changer ainsi ses vœuji iriésolus?

MATHAII.

Ami , depuis deux jours je ne la connais plus.

Ce n'est plus cette reine éclairée, intrépide.

Élevée aunlessus de son sexe timide ,

Qui d'abord accablait ses ennemis surpris ,

Et d'un instant perdu connaissait tout le prix :

La peur d'un vain remords trouble cette grande âme :

Elle flotte , elle heâte;en un mot , elle est femme.

J'avais tantôt rempli d'amertume et de fiel

Son cœur déjà saisi des menaces dn ciel ;

Elle-même , à mes soins confiant sa vengeance ,

M'avait dit d'assembler sa garde en diligence :

Mais , soit que cet enfant devant die amené ,

De ses parents , dit-on , rej)ut infortuné ,

Eût d'un songe effrayant diminué l'alarme ,

Soit qu'elle eût même en lui vu je ne sais quel charme ,

J'ai trouvé son courroux chancelant, incertain ,

Et déjà remettant sa vengeance à demain.

Tous ses projets semblaient l'un l'autre se détruire.

«( Du sort de cet ^fant je me suis fait instruire ,

« Ai-je dit ; on commence à vanter ses aïeux :

« Joad de temps en temps le montre aux facli^ti^,

« Le fait attendre aux Juifs comme un autre Moïse,

« Et d'oracles menteurs s'appuie et s'autorise. »

Ces mots ont fait monter la rougeur sur son front.

Jamais mensonge heureux n'eut un effet si prompt.

« Est-ce à moi de languir dans cette incertitude.'

« Sortons , a-t-elle dit , sortons d'inquiétude.

« Vous-même à Josabet prononcez cet arrêt :

« Les feux vont s'allumer, et le fer est tout prêt;

K Rien ne peut de leur temple empêcher le ravage ,

« Si je n'ai de leur foi cet enfant pour otage. »

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