‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 7 sur 716 · JOCASTE, OLYMPE · texte numérisé non relu

JOCASTE, OLYMPE

JOCASTE

fis sont sortis , Olympe.' Ah mortdles douleurs ! Qa'un moment de repos me va coûter de pleurs ! Mes yeux depuis six mois étaient ouverts aux larmes , 1'^ t le sommeil les ferme en de tdles alarmes ! Paisse plutôt la mort les fermer pour jamais , Et m*empécher de voir le plus noir des forfaits : Mais en sont-ils aux mains ?

OLYMPE

Du haut de la murailte Je les ai vus d^jà tous ran^f^ en bataille ;

t2 LES FRERES ENNEMIS.

J'ai vu déjà le fer briller de toutes parts; Et pour vous avertir j'ai quitté les remparU. J*ai vu , le (ér en maiu , Étéocle lui-inAme; Jl marche des premiers , et d'une ardeur extrême U montre aux plus hardis à braver le danger.

JOCASTE

N'en doutons plus, Olympe, ils se vont égorger.

Que Ton coure avertir et hâter la princesse ;

Je l'attends. Juste ciel , soutenez ma faiblesse !

II faut courir, Olympe, après ces inhumains ;

Il les faut séparer, ou mourir par leurs mains.

Nous voici donc , hélas ! à ce jour détestable

I>ont la seule frayeur me rendait misérable !

Ni prières ni pleurs ne m'ont de rien servi ;

Et le courroux du sort voulait être assouvi.

O toi , Soleil , ô toi , qui rends le jour au monde , Que ne l'as-tu laissé dans une nuit profonde ! A de si noirs forfaits prétes-tu tes rayons? Et peux-tu sans horreur voir ce que nous voyons? Mais ces monstres, hélas! ne t'épouvantent guères ; La race de Laïus les a rendus vulgaires ; Tu peux voir sans frayeur les crimes de mes fils. Après ceux que le père et la mère ont commis. Tu ne t'étonnes pas si mes fils sont perfides , S'ils sont tous deux méchants, et s'ils sont |)arricides; Tu sais qu'ils sont sortis d'un sang incestueux , Kt tu t'étonnerais s'ils étaient vertueux.

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