ACT£ IV, SCÈNE IJ
l'expliquais mes soupirs en feyeur de la gloire ; Je croyais n'aimer qu'elle. Ah 1 pardomie , grand roi , Je sens bien aujourd'hui que je n^aimais que toi. J'avouerai que la gloire eut sur moi qu^que empire ; Je te l'ai dit cent fois : mais je devais te dSre Que toi seul , en effet, m'engageas sous ses lois. J'aigris à la connaître en voyant tes exploits ; Et , de qudque beau feu qu'elle m'eût isiflammée , En un autre que toi je l'auraia moins aimée.
Mais que sert de pousser des soupirs superflus
Qui se perdent en l'air et que tu n'entends plus ?
11 est temps que mon &me , an tombeau descendue ,
Te jure une amitié si longtemps attendue ;
11 est temps que mon cceur, pour gage de sa foi ,
Montre qu'A n'a pu vivre un moment après toi.
Aussi bien , penses-tu que je voulusse vivre
Sous les lois d'un vainqueur à qui ta mort nous livre?
Je sais qu'il se dispose à me venir parler.
Qu'en me rendant mon sceptre il veut me consoler.
Il croit peut-être , il croit que ma tiame étoufTée
A sa fimsse douceur servira de trophée !
Qu'il vienne. Il me verra , toujours digne de toi ,
Mourir ea râne, ûnsi que tu mourus en roi.