ACT£ V, SCÈNE H
CLÉOFILE.
Mais quoi! sdgneur, touyours guerre sur guerre ? Clierchez-Yous des sujets au delà de la terre ? Voulez-Tons pour témoins de yos fadts éclatants Des pays incomms môme à leurs habitants ? Qu'espérez- vous combattre en des climats si nides ? Us vous opposeront de vastes solitudes , Des déserts que le ciel refuse d'éclairer, Oîi la nature semble elle-même expirer.
Et peut-être le sort, dont la secrète enrie ?9*a pu cacher le cours d'une si belle vie , Vous attend dans ces lieux , et veut que dans l'oubli Votre tombeau du moins demeure enseveli. Pensez- vous y traîner les restes d'une armée Vingt fois renouvelée et vingt fois consumée ? Vos soldats , dont la vue excite la pitié , D'eux-mêmes en cent lieux ont laissé la moitié ; Et leurs gémissements vous font assez connaître...
ALEXANDRE
Ils marcheront, madame; et je n'ai qu'à paraître : Ces cœurs qui dans un camp , d'un vain loisir déçus , Comptent en murmurant les coups qu'ils ont reçus , Revivront pour me suivre , et , blâmant leurs murmures Brigueront à mes yeux de nouvelles blessures. Cependant de Taiîle appuyons les soupirs : Son rival ne peut plus traverser ses désirs. Je vous l'ai dit , madame ; et j'ose encor vous dire...
CLÉOFILK.
Seigneur, voici la reine.