‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 92 sur 716 · ACTE l, SCfe.NE I. tu · texte numérisé non relu

ACTE l, SCfe.NE I. tu

Car enfin n'altcnds pas que me^ feux redoubU» Des périls les plus gradds puissent être troublés. Puisqu'après tant d'efTorts ma résistance est vaine , Je me livre en aveugle au transi)ort qui m'entrai ne. l'aime : je viens cbercher Hermione en ces lieux » La fléchir, Tenlever, ou mourir à ses yeux . Toi qui connais Pyrrhus , que penses-tu qu*il fasse? Dans sa cour, dans son cœur, dis-moi ce qui se liasse. Mon Hermione encor le tient-elle asservi? Me reodra-t-il , Pylade ,. un bien qu'il m'a ravi?

PYLADE

Je TOUS abuserais si j'osais vous promettre

Qu'entre vos mains, seigneur, il voulût la remettre :

N<Ni -que de sa conquête il paraisse flatté.

Pour la veuve d'Hector ses feux ont éclaté ,

11 l'aime : mais enfin cette veuve inhumaine

N'a payé jusqu'ici son amour que de liaiue ;

Et chaque jour encore on lui voit tout tenter I Pour fléehîr sa captive, ou pour l'épouvanter. / De son fils qu'U lui cache il menace la tôte ,

Et fait couler des pleurs qu'aussitôt U arrête.

Hermione elle-même a vu plus de cent fois

Cet amant irrité revenir sous ses lois ,

Et, de ses VŒUX troublés lui rapportant l'hommage.

Soupirer à ses pieds moins d'amour que de rage.

Ainsi n'attendez pas que l'on puisse aujourd'hui

Vous répondre d'un cœur si peu maître de lui :

II peut, seigneur, il peut, dans ce désordre extrême ,

Épouser ce qu'il hait, et perdre ce qu'il aime.

Mais dis-moi de quel œil Hermione peut voir Son hyinen différé , ses charmes sans pouvoir.

PYLADE

Hermione , seigneur, au moins en apparence , Semble de son amant dédaigner l'inconstance , Et croit que, trop heureux de fléchb* sa rigueur, Il la viendra presser de reprendre son cœur. Mais je l'ai vue enfin me confier ses larmes : Elle pleure en secret le mépris do ses charmes ; Toujours prête à partir, et demeurant toujours , Qttelg|uetbis elle appelle Orcste à son secours.

ft4 ANDROMAQUE.

OR ESTE

Ah ! si je le croyais , jHrais bientôt, Pylade, Me jeter...

PTLADC.

Achevez, seigneur, votre ambasssKfo.

Vous attendez le roi. Parlez , et lui montrez Contre le fils d'Hector tous les Grecs conjurés. Loin de leur accorder ce fils de sa maîtresse , Leur haine ne fera qu'irriter sa tendresse : Plus on les veut brouiller, plus on va les unir. Pressez : demandez tout, pour ne rien obtenir. Il vient.

ORESTE

Ëh biai , va donc disposer la cruelle A revoir un amant qui ne vient que pour elle.

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