‹ Théâtre complet de J. RacineChapitre 99 sur 716 · ACTE U, SCEKKl · texte numérisé non relu

ACTE U, SCEKKl

Crois que je n*aime plus; vmte^moi ma victoire : Crois que dans son dépit mon cœur est endurci ; Hélas ! et , s'il se peut, fals-^moi croire aossi-! Tu yeux que je le fuie. Eh bien! rien ne m'arrête. Allons , n'envions plus son indigne conquête : Que sur lui sa captive étende son pouvoir. Fuyons... Mais si l'ingrat rentrait dans son devoir; Si la foi dans son cœur retrouvait quelque place ; S'il venait à mes i»ed8 me demander sa grâce; Si sous mes lois , Amour, ta pouvais l'engager ; S'il voulait... Mais l'ingrat ne veut que ro'outrager. Demeurons toutefois pour troubler leur fortune , Prenons quelque plaisir à leur être importune : Ou y le forçant de rompre un nœud si solennel , Aux yeux de tous les Grecs rendons-le criminel. J'ai déjà sur le fils attiré leur colère : Je veux qu'on vienne encor lui demander la mère. Rendons-lui les tourments qu'elle me fait souffrir ; Qu'elle le perde ou bien qu'il la fasse périr.

CLÉDNE*

Vous pensez que des yeux toujours ouverts aux larmes

Se plaisent à troubler le pouvmr de vos charmes ,

Et qu'un cœur accablé de tant de déplaisirs

De son persécuteur ait brigué les soupirs ?

Voyez si sa douleur en parait souls^^ :

Pourquoi donc les cha^ns od son &me est plongée? y / -^ "

Contre un amant qui plaît pourquoi tant de fierté? ' ^f y S

y HERUIONE.

Hélas ! pour mon malheur, je rai trop écouté.

Je n'ai point du silence affecté le mystère :

Je croyais sans péril pouvoir être smcère ;

Et, sans armer mes yeux d'un moment de rignetir,

Je n'ai pour lui pariâr consulté que mon cœur.

Et qui ne se serait comme moi déclarée

Sur la foi d'une amour si saintement jurée?

Me voyait-il de l'œil qu'il me voit anjonrdlmi > ^

Tu f en souviens encor, tout conspirait pour lui :

Bfa fanùDe vengée, et les Grecs dans la joie,

Nos vaisseaux tout chargés des douilles de Troie ,

Us exploits de son père effacés par les siens ,

Ses Teux que je croyais plus ardents que les miens»

124 ANDROMAQUE

Mon cœur, toi-même eiifm de sa gloire éhlonic; Avant qu'il me trahit , tous m'avez tous trahie. Mais c*en est trop, Cléone: et, quel que soit Pyrrhus Hermioneest sensible , Oreste a des vertus : H sait aimer du moins , et même sans qu'on Taime; Et peut-être fl saura se faire aimer lui-même. Allons. Qu'il vienne enfin.

CLÉONE

Madame, le voici.

IIERMIOlfE.

Ali ! Je ne croyais pas qu'il fût si près d'icL

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