‹ Theatre complet de Jean RacineChapitre 134 sur 305 · ACTE m, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE m, SCÈNE VII

Je sais jusqu'où s'emporte un amant irrité ;

Et mon père est jaloux de son autorité.

On ne connaît que trop la fierté des Atrides.

Laissez parler, Seigneur, des bouches plus timides.

Surpris, n'en doutez point, de mon retardement,

Lui-même il me viendra chercher dans un moment.

Il entendra gémir une mère oppressée.

Et que ne pourra point m'inspirer la pensée

De prévenir les plears que vous verseriez tous,

D'arrêter vos transports, et de vivre pour vous ?

Achille.

Enfin vous le voulez : il faut donc vous complaire. Donnez-lui l'une et l'autre un conseil salutaire. Rappelez sa raison, persuadez-le bien, Pour vous, pour mon repos, et surtout pour le sien. Je perds trop de moments en des discours frivoles : Il faut des actions, et non pas des paroles. (A Clytemnestre.) Madame, à vous servir je vais tout disposer : Dans votre appartement allez vous reposer. Votre fille vi^Ta, je puis vous le prédire. Croyez du moins, croyez que, tant que je respire, Les dieux auront en vain ordonné son trépas : Cet oracle est plus sur que celui de Galchas.

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