ACTE II, SCÈNE IV
Alors, qu'aura servi ce zèle impétueux Qu'à charger vos amis d'un crime infructueux ? Promettez. Affranchi du péril qui vous presse. Vous verrez de quel poidi sera votre promesse.
Bajazet.
Moi !
ACOMAT
Ne rougissez point. Le sang des Ottomans Ne doit point en esclave obéir aux serments. Consultez ces héros que le droit de la guerre Mena victorieux jusqu'au bout de la terre : Libres dans leur victoire et maîtres de leur foi, L'intérêt de TÉtat fut leur unique loi ; Et d'un trône si saint la moitié n'est fondée Que sur la foi promise et rarement gardée. Je m'emporte. Seigneur.
Bajazet.
Oui, je sais, Acomat, Jusqu'où les a portés l'intérêt de l'rî-tat ; Mais ces mêmes héros, prodigues de leur vie, Ne la rachetaient point par une perfidie.
ACOHAT.
0 courage inflexible t ô trop constante foi. Que, même en périssant, j'admire malgré moi. Faut-il qu'en un moment un crépuscule timide Perde... Mais quel bonheur nous envoie Atahde.